Le 30 août dernier, la célébration du 10e anniversaire du COJEP à Yamoussoukro n’était pas qu’un simple événement partisan. Officiellement, l’heure était à la réconciliation et au dialogue, un message porté par Charles Blé Goudé et ses invités. Cependant, la présence remarquée du sénateur togolais Innocent Kagbara invite à une lecture bien plus stratégique, qui dépasse les frontières ivoiriennes.
Alors que Charles Blé Goudé, figure politique incontournable mais écartée de la course présidentielle, cherche à maintenir son influence, l’invitation de leaders étrangers n’a rien d’anodin. Pour un observateur averti, ce rassemblement aux allures de meeting panafricain ressemble davantage à une démonstration de force et à la consolidation d’un réseau politique ouest-africain.

La participation d’Innocent Kagbara, président du Parti Démocratique Panafricain (PDP), n’est pas un simple acte de courtoisie. Elle symbolise une convergence d’intérêts entre des figures politiques qui se positionnent comme une « nouvelle génération » de leaders pour le continent. En s’affichant aux côtés de Blé Goudé, le sénateur togolais ne fait pas que soutenir un appel à la paix en Côte d’Ivoire ; il tisse des liens stratégiques et ancre son propre parti dans une dynamique régionale.
Ce grand raout politique, sous couvert de célébration et de discours pacificateurs, pourrait bien être l’acte fondateur d’une nouvelle alliance. Loin de n’être qu’un événement de politique intérieure ivoirienne, il a servi de plateforme pour afficher des ambitions communes et esquisser les contours d’un axe politique Abidjan-Lomé-Yaoundé. Pendant que les regards sont tournés vers les élections d’octobre, c’est peut-être sur un échiquier bien plus large que les véritables pions sont en train d’être placés.
