L’Hôtel du 2 Février a accueilli ce jeudi 12 février une rencontre sectorielle réunissant les autorités publiques et les acteurs du bâtiment et des travaux publics. Le gouvernement souhaite consolider son partenariat avec ce secteur clé dans la mise en œuvre des grands projets d’équipement du pays.

Essowè Georges Barcola, ministre des Finances et du Budget, Sani Yaya, ministre chargé des Travaux publics et des Infrastructures et Kodjo Adedze, ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Urbanisme ont participé aux échanges. Cette session de travail visait à établir un diagnostic franc de la situation du secteur.
Le ministre des Finances a ouvert la rencontre en rappelant les investissements consentis par l’État. Près de 3 000 milliards de francs CFA ont été consacrés aux infrastructures sur les cinq dernières années. Ces ressources considérables témoignent de la priorité accordée au développement territorial.
Malgré les réformes engagées pour renforcer la transparence, de nombreux chantiers restent inachevés ou présentent des défauts d’exécution. Cette situation préoccupe les autorités qui entendent y remédier rapidement. Le Président du Conseil a donné instruction d’organiser cette concertation pour identifier les problèmes et trouver des solutions concrètes.
Les participants ont cherché à déterminer les responsabilités partagées entre l’État et les entreprises. Cette approche équilibrée permet d’éviter les accusations unilatérales et de construire une vision commune des dysfonctionnements. Les deux parties ont reconnu la nécessité d’améliorer leurs pratiques respectives.
La restauration de la crédibilité auprès des populations et des partenaires techniques et financiers constitue un objectif central. Les retards et malfaçons nuisent à l’image du pays et compromettent la confiance des bailleurs de fonds. Les ressources limitées disponibles ne peuvent se permettre le gaspillage.
Une commission mixte public-privé sera créée pour formaliser les engagements de chaque partie. Cette instance paritaire permettra de suivre l’application des décisions prises et de résoudre les éventuels différends. Les membres veilleront au respect des obligations contractuelles de part et d’autre.
Sani Yaya a plaidé pour un diagnostic sans complaisance des difficultés rencontrées. Le ministre a insisté sur plusieurs points techniques qui méritent une attention particulière. La qualité des études préalables conditionne la réussite des projets et doit faire l’objet d’une vigilance accrue.
Le contrôle des travaux nécessite également un renforcement. Les missions de surveillance doivent disposer des moyens humains et matériels adéquats pour exercer leurs fonctions. La présence régulière sur les chantiers permet de détecter rapidement les non-conformités et d’exiger leur correction.
La réforme des marchés publics figure parmi les priorités évoquées. Le système actuel favorise parfois les offres les moins chères au détriment de la qualité. Le ministre a rappelé que la sélection doit privilégier l’offre économiquement la plus avantageuse. Cette approche globale prend en compte le rapport qualité-prix plutôt que le seul critère du coût.
La formation des acteurs du secteur apparaît comme un levier d’amélioration. Les entreprises doivent renforcer les compétences de leurs équipes techniques. Les services de l’État chargés de la maîtrise d’ouvrage et du contrôle bénéficieront également de programmes de formation continue.
L’implication des organes de contrôle dans le processus d’exécution des projets a été soulignée. Ces structures disposent d’une expertise précieuse pour prévenir les irrégularités. Leur intervention en amont et en cours de réalisation renforce la qualité des ouvrages livrés.
Le ministre a également plaidé pour un dialogue avec les établissements bancaires. Le financement des entreprises du BTP pose souvent problème. Les délais de paiement des marchés publics créent des tensions de trésorerie qui pénalisent les sociétés. Une meilleure articulation entre les banques et les acteurs du secteur faciliterait le déroulement des chantiers.
Les entreprises ont pu exprimer leurs contraintes et formuler des propositions. Les échanges ont permis de mieux comprendre les difficultés opérationnelles auxquelles elles font face. Cette écoute mutuelle favorise l’émergence de solutions pragmatiques et applicables.
Le BTP demeure un levier stratégique de croissance pour l’économie togolaise. Ce secteur génère de nombreux emplois directs et indirects. Il contribue à la modernisation du territoire à travers la réalisation d’infrastructures routières, portuaires, sanitaires et éducatives.
Le maintien d’un dialogue structuré entre l’État et les entreprises conditionne l’accélération de l’exécution des projets. Cette concertation régulière permettra d’anticiper les problèmes et d’ajuster les pratiques en temps réel. La dynamique économique nationale bénéficiera de cette collaboration renforcée.
Les participants se sont quittés avec l’engagement de poursuivre les échanges dans le cadre de la commission mixte. Les prochaines étapes consisteront à formaliser les engagements pris et à définir un calendrier de mise en œuvre. Le suivi rigoureux des décisions garantira leur traduction concrète sur le terrain.
