Le Président sénégalais et membre du parti, Bassirou Diomaye Faye a organisé vendredi 27 février 2026 dans la soirée au Palais une rencontre dénommée ndogou avec une large délégation du parti PASTEF. Cette rencontre, validée par Ousmane Sonko, président du parti, a révélé les tensions qui traversent la formation au pouvoir depuis son accession aux responsabilités en mars 2024.
105 des 130 députés du groupe parlementaire PASTEF ont répondu présent aux côtés de plusieurs maires. Parmi les personnalités présentes figuraient El Malick Ndiaye, président de l’Assemblée nationale, et Ayib Daffé, président du groupe parlementaire. Trois vice-présidents et deux secrétaires élus complétaient ce parterre représentatif.

Les échanges se sont déroulés sans détour. Les participants ont posé des questions directes sur des sujets sensibles qui divisent le parti. Le chef de l’État a adopté une posture d’écoute, laissant chacun s’exprimer librement sans interrompre ni manifester d’agacement face aux interrogations formulées.
La candidature présidentielle de 2029 a occupé une place centrale dans les discussions. Cette question cristallise les tensions entre les deux figures du régime. Bassirou Diomaye Faye a été élu président en mars 2024 après avoir remplacé au pied levé Ousmane Sonko, empêché de se présenter en raison de ses condamnations judiciaires.
Le député Abdou Ahad Ndiaye a rapporté la réponse du Président sur cette question brûlante. « La candidature de Sonko ne m’engage pas, et le moment n’est pas venu d’en parler », a déclaré Bassirou Diomaye Faye. Cette formule prudente laisse le débat ouvert sans trancher la question qui agite les militants.
Ousmane Sonko a toujours affirmé son intention de se présenter à l’élection présidentielle de 2029. Le Premier ministre considère que son passage à la tête du gouvernement constitue une étape avant un retour à la magistrature suprême. Cette ambition entre potentiellement en conflit avec celle du Président sortant qui pourrait briguer un second mandat.

La dissolution de coalition Diomaye et les perspectives de fusion ont également fait l’objet de débats. Le mystère autour du siège loué et de la double coalition a suscité des interrogations de la part des parlementaires. Ces questions renvoient aux arrangements politiques conclus avant l’élection présidentielle.
Les divergences supposées entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko sur la question du FMI et de la dette ont été évoquées. Le Sénégal négocie actuellement avec les institutions financières internationales après la découverte d’un déficit budgétaire plus important que prévu. Les deux hommes sembleraient avoir des approches différentes sur la stratégie à adopter.
La justice pour les martyrs du mouvement toujours attendue a été mentionnée lors des échanges. Plusieurs militants de PASTEF ont perdu la vie lors des manifestations qui ont secoué le Sénégal entre 2021 et 2024. Les familles des victimes attendent que les responsabilités soient établies et que les coupables soient jugés.
Les nominations dans l’appareil d’État ont suscité des controverses au sein du parti. Certains militants estiment que les critères de compétence n’ont pas toujours été respectés. D’autres dénoncent un favoritisme qui profite à des proches du pouvoir au détriment de cadres plus expérimentés.
Un découragement grandissant des populations commence à se faire sentir jusque dans les rangs militants selon les remontées du terrain. Les attentes suscitées par la campagne électorale se heurtent aux réalités de la gestion gouvernementale. Cette situation préoccupe les élus qui craignent une désaffection de leur base électorale.
Après la rupture du jeûne, le Président a pris la parole longuement pour clarifier sa position. Il a évoqué sa relation avec Ousmane Sonko qu’il a présenté comme un ami, un frère et un compagnon de lutte. Le chef de l’État a indiqué qu’ils travaillent ensemble au quotidien, parfois jusqu’à des heures avancées de la nuit.
Bassirou Diomaye Faye a reconnu leurs différences d’approche sur certains dossiers. Il les a présentées comme une complémentarité plutôt qu’une fracture entre les deux hommes. Cette lecture optimiste contraste avec les perceptions d’une partie des militants qui observent des divergences de fond.
La prise de parole du Président Diomaye est resté mesurée sur plusieurs points essentiels. Aucune annonce claire n’a été faite concernant 2029. Le Président a manifesté une volonté de maintenir sa coalition, ce qui laisse entrevoir une éventuelle candidature à un second mandat en 2029.
Cette rencontre s’inscrit dans une série de consultations menées par le chef de l’État depuis plusieurs semaines. Après les responsables départementaux, les maires et les députés ont été conviés au Palais. Cette stratégie de dialogue direct avec les élus suscite des interprétations diverses.
Certains observateurs y voient une volonté de consolider sa base politique en vue d’une éventuelle réélection en 2029. D’autres estiment que le Président cherche à identifier les soutiens sur lesquels il pourrait compter en cas de rupture avec Ousmane Sonko. Une troisième lecture suggère qu’il s’agit simplement d’un exercice normal de dialogue avec sa famille politique.
Les élections municipales de 2027 constituent un enjeu important pour les équilibres au sein de PASTEF. Ces scrutins locaux représentent un paramètre décisif pour les ambitions individuelles et pour la recomposition du paysage politique sénégalais. Les résultats permettront de mesurer la popularité réelle du régime auprès des populations.
Les maires présents vendredi soir savent que leurs sièges seront en jeu lors de ces élections. Dans ce contexte, le choix des alliances politiques devient une question cruciale pour leur avenir électoral. Certains pourraient être tentés de se rapprocher du Président s’ils estiment que son étoile brille plus que celle du Premier ministre.
Des mouvements de repositionnement pourraient s’accélérer dans les prochains mois. Les ralliements discrets, les négociations en coulisses et les repositionnements stratégiques risquent de se multiplier à l’approche de cette échéance électorale locale qui aura des répercussions nationales.
La relation entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko fascine l’opinion publique sénégalaise depuis l’élection présidentielle. Les deux hommes ont construit leur parcours politique ensemble au sein de PASTEF. Ousmane Sonko a créé le parti en 2014 et en assure la présidence depuis sa fondation.
Bassirou Diomaye Faye est entré en politique plus tardivement. Inspecteur des impôts de formation, il s’est rapproché d’Ousmane Sonko au début des années 2020. Les deux hommes ont été emprisonnés ensemble en 2023 dans le cadre de la répression menée par le régime de Macky Sall.
Cette épreuve commune a renforcé leurs liens mais n’a pas effacé leurs différences de tempérament et de vision. Ousmane Sonko incarne un discours radical de rupture avec le système politique traditionnel. Bassirou Diomaye Faye adopte un ton plus mesuré et privilégie le dialogue avec les différentes forces politiques.
Cette dualité au sommet de l’État sénégalais rappelle d’autres configurations où un président et son Premier ministre entretiennent des relations complexes. L’histoire politique africaine compte plusieurs exemples de binômes qui ont fini par se séparer après une période de collaboration.
Pour l’heure, les deux hommes affichent publiquement leur unité. Ils participent ensemble aux cérémonies officielles et multiplient les déclarations d’amitié. Cette façade masque mal les interrogations qui traversent leur camp politique sur la pérennité de leur alliance.
Le ndogou du vendredi soir au Palais a permis de mesurer l’ampleur des questionnements au sein de PASTEF. Les élus attendent des réponses claires sur l’avenir du parti et sur les ambitions respectives des deux leaders. L’absence de clarification risque d’alimenter les spéculations et les divisions internes.
