À Adidogomé Yokoè, aux abords de la Réserve administrative dite « Terrain de The Winner », la quiétude n’est plus qu’un souvenir. Depuis deux ans, les riverains dénoncent les nuisances sonores du ministère international mission Emmanuel, dirigé par l’apôtre Philippe K. S. Egna-tro.
Un quartier pris en étau par le bruit
Les lundis et jeudis, de 18h30 à 22h, louanges et évangélisation virent à la perturbation : haut-parleurs puissants, chants amplifiés, rassemblements massifs empiètent sur le repos et la qualité de vie.
Des tentatives de dialogue restées sans suite
Les habitants ont privilégié le dialogue, sollicitant à plusieurs reprises le responsable religieux pour abaisser le volume. L’apôtre aurait opposé un refus catégorique, maintenant les activités malgré les plaintes, alors que la législation togolaise limite le bruit à 55 décibels la nuit, seuil que les rassemblements dépasseraient largement.
Le silence des autorités municipales pointé du doigt
L’ancienne équipe municipale du Golfe 7, alertée plusieurs fois, n’a engagé aucune action concrète. Ce vide institutionnel a laissé prospérer la situation jusqu’à l’arrivée de la nouvelle maire, DANGBUIE Afi Pascaline, élue le 16 octobre 2025, qui hérite d’un dossier mêlant liberté de culte, loi et droit à la tranquillité.
Des populations à bout de patience
À Adidogomé Yokoè, la lassitude est palpable : « Nos enfants n’arrivent plus à étudier, des malades ne peuvent se reposer. Nous ne sommes pas contre la religion, mais contre l’excès de bruit », témoigne une habitante, rappelant que la contestation vise l’impact sonore, non la foi.
Un cadre légal pourtant clair
Depuis le 20 février, un arrêté interministériel encadre le bruit : 70 décibels le jour, 55 la nuit, avec conditions d’implantation et isolation acoustique pour les lieux de culte. Le texte, signé par Katari Foli Bazi, Hodabalo Awate, Tchin Darre et Calixte Batossie Madjoulba, confie aux maires pouvoir de contrôle et de sanction, après délibération du conseil municipal.
Une attente forte envers la nouvelle équipe municipale
Les habitants espèrent médiation, encadrement ou suspension des rassemblements non conformes, certains réclamant même l’interdiction des croisades d’évangélisation tant que les normes ne sont pas respectées. Au-delà de ce cas, l’affaire illustre le défi de la cohabitation urbaine, où libertés individuelles doivent respecter les droits collectifs.
