L’accès au financement demeure l’un des principaux défis pour les jeunes porteurs de projets. Dans le secteur aquacole, une réponse concrète vient d’être apportée avec la mise en place d’un fonds revolving d’un million d’euros, soit près de 655 millions FCFA, destiné aux diplômés de l’Institut de Formation en Alternance pour le Développement (IFAD)-Aquaculture.
L’accord a été conclu entre l’Agence Éducation-Développement (AED) et l’Union européenne (UE). Prévu pour une durée de 5 ans, le mécanisme a pour objectif de soutenir l’installation des jeunes formés dans les métiers de l’aquaculture et de faciliter le développement de leurs activités.
Le dispositif repose sur un principe de financement renouvelable. Une première vague de bénéficiaires recevra les ressources nécessaires au lancement ou à l’extension de leurs exploitations. Après remboursement, les fonds seront réinjectés dans le programme afin de financer de nouveaux diplômés. Cette approche permet de prolonger l’impact du financement et d’élargir progressivement le nombre de bénéficiaires.
L’initiative concerne aussi bien les anciens diplômés de l’IFAD-Aquaculture qui n’ont pas encore obtenu de soutien financier que les futures promotions de l’établissement. L’ambition est de transformer les compétences acquises durant la formation en projets économiques viables capables de contribuer à l’essor de la filière.
Pour Gwilym Jones, ambassadeur de l’Union européenne au Togo, la question du financement demeure déterminante pour l’avenir des jeunes entrepreneurs. « Sans ressources financières adaptées, des projets prometteurs risquent de rester à l’état d’idées, privant ainsi le pays de talents, d’emplois et de richesses dont il a pourtant besoin. C’est pour répondre à ce défi que l’Union européenne a décidé de soutenir la mise en place de ce fonds revolving », a-t-il déclaré.
Au-delà de l’appui financier, les bénéficiaires recevront un accompagnement destiné à renforcer leurs capacités entrepreneuriales. Des formations en gestion financière, en structuration d’entreprise et en pilotage d’activités seront proposées. Un suivi technique complétera le dispositif afin de consolider la pérennité des exploitations.
L’aquaculture figure parmi les filières agricoles à fort potentiel de croissance. Face à une demande croissante en produits halieutiques, le développement d’entreprises spécialisées dans la production de poisson représente un levier pour renforcer l’offre locale et créer de nouvelles opportunités économiques.
Selon les prévisions des partenaires du projet, ce mécanisme pourrait favoriser la création d’au moins 50 entreprises aquacoles, générer plus de 100 emplois durables et permettre une production additionnelle supérieure à 500 tonnes de poisson par an. Ces perspectives traduisent la volonté de faire de la formation professionnelle et de l’entrepreneuriat des moteurs de création de valeur au sein de la filière aquacole.
