La diplomatie togolaise dispose désormais d’un nouveau visage à la Mission permanente auprès de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Koffi Akakpo a présenté ses lettres de créance au Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, lors d’une cérémonie tenue au siège de l’organisation à New York. Sa prise de fonction intervient alors que Lomé cherche à consolider sa place dans les mécanismes de dialogue et de règlement pacifique des crises en Afrique de l’Ouest et au Sahel.
Au cours de l’entretien, António Guterres a salué la contribution du Togo aux efforts de paix et de stabilité sur le continent africain. Le Secrétaire général a notamment évoqué le rôle de « pays pont » joué par la diplomatie togolaise entre plusieurs espaces régionaux et politiques. Les démarches de médiation conduites par Lomé, notamment sur les dossiers liés à la République démocratique du Congo (RDC), ont également été évoquées.
Pour Koffi Akakpo, cette rencontre marque le début officiel de son mandat de Représentant permanent du Togo auprès de l’ONU. Le diplomate a réaffirmé la volonté de son pays de poursuivre son engagement en faveur du dialogue, de la paix et de la stabilité, aux niveaux régional et continental. Il a également transmis au Secrétaire général les salutations du Président du Conseil et Président de la République togolaise.
Cette nomination ne constitue pas pour autant une arrivée en terrain inconnu. Koffi Akakpo connaît déjà les rouages de la diplomatie multilatérale à New York. Il figurait depuis plusieurs années parmi les diplomates de la Mission permanente du Togo auprès de l’ONU et a notamment exercé les fonctions de chargé d’affaires par intérim. Des documents onusiens le présentent aussi dans plusieurs délégations togolaises lors de travaux de l’organisation.
Son parcours à New York comprend notamment des interventions sur des dossiers relevant du développement social, des affaires économiques et des questions inscrites à l’agenda de l’Assemblée générale. En 2024, il représentait encore le Togo comme chargé d’affaires par intérim lors d’une session de la Commission du développement social des Nations Unies.
Cette expérience intervient alors que le Togo cherche à donner davantage de cohérence à son action diplomatique dans un espace ouest-africain marqué par la recomposition des alliances. En avril 2026, Lomé a présenté une nouvelle stratégie pour le Sahel couvrant la période 2026-2028. Le document met l’accent sur le dialogue politique, les relations de bon voisinage, les échanges économiques, la coopération sécuritaire et la diplomatie multilatérale.
La position géographique du Togo lui donne aussi une capacité particulière de dialogue avec des pays du Golfe de Guinée et ceux du Sahel. Cette fonction de passerelle a gagné en importance depuis le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la consolidation de l’Alliance des États du Sahel (AES). La France, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, a récemment reconnu l’intérêt de cette démarche togolaise de rapprochement entre le Sahel et la communauté internationale.
À New York, Koffi Akakpo devra désormais porter cette orientation dans une enceinte où les questions africaines occupent une place régulière dans les débats sur la paix, la sécurité et le développement. Sa connaissance préalable de la Mission permanente pourrait faciliter cette continuité diplomatique, alors que le Togo cherche à maintenir ouvertes les voies du dialogue avec des interlocuteurs aux positions parfois divergentes.
La cérémonie avec António Guterres donne ainsi un cadre institutionnel à une mission dont les priorités dépassent les seules relations entre Lomé et le système des Nations Unies. Elles touchent aussi à la capacité du Togo à faire entendre ses positions dans les débats multilatéraux et à soutenir, depuis New York, les démarches de médiation portées par sa diplomatie.
