La Haute Autorité de Régulation de la Communication écrite, audiovisuelle et numérique (HARC) refuse de se substituer à la justice dans l’affaire des deux journalistes français arrêtés au Togo. Dans un communiqué publié le 19 août 2026, l’institution affirme n’avoir reçu aucune demande d’accréditation pour leur mission et demande que les faits soient établis dans le cadre de la procédure judiciaire en cours.
Le dossier prend une dimension nouvelle avec cette mise au point du régulateur. Alors que l’arrestation de Gaël Mocaër et Sébastien Perez Pezzani alimente depuis plusieurs jours les discussions dans les médias et sur les réseaux sociaux, la HARC précise qu’elle n’a été saisie ni par les deux journalistes ni par France Télévisions au sujet de leur présence et de leurs activités professionnelles au Togo.
Les deux Français travaillaient sur un tournage lié à l’émission documentaire « Les Routes de l’impossible », produite par Tony Comiti Productions et diffusée sur France Télévisions. Ils ont été interpellés dans le nord du pays avant d’être placés sous mandat de dépôt le 17 août, selon plusieurs médias. Le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères a confirmé leur détention et indiqué qu’une information judiciaire était en cours.
La HARC précise pour sa part ne pas avoir été informée de leur arrivée sur le territoire togolais. Elle dit également ignorer leur statut professionnel au moment de leur présence dans le pays ainsi que la nature exacte des activités de tournage qu’ils devaient mener.
Cette position renvoie aux règles qui encadrent l’exercice du journalisme par les professionnels de médias étrangers. Le Code de la presse et de la communication prévoit notamment que les correspondants et envoyés spéciaux de médias étrangers doivent disposer d’une carte professionnelle et obtenir une accréditation auprès de l’autorité de régulation. Le dispositif vise à encadrer les missions de presse réalisées sur le territoire national.
Le régime d’accréditation a déjà fait l’objet de plusieurs rappels au Togo. En juin 2024, l’ancienne Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) avait levé la suspension temporaire des accréditations pour les médias étrangers. Les demandes devaient alors être adressées au président de l’institution au moins 15 jours avant le début de la mission, sauf situation d’urgence.
Dans le dossier actuel, la HARC affirme qu’aucune démarche de cette nature n’a été portée à sa connaissance. Elle ne tire toutefois pas de conclusion sur la responsabilité des deux journalistes et ne se prononce pas sur les faits qui leur sont reprochés.
L’institution invite plutôt les professionnels des médias et les créateurs de contenus à faire preuve de « retenue, de responsabilité et de rigueur » dans la collecte, le traitement et la diffusion des informations liées à l’affaire. Elle demande que la justice puisse mener les procédures en cours « en toute indépendance » afin de déterminer les circonstances de la présence des deux Français sur le territoire togolais, la nature de leurs activités et, le cas échéant, les faits qui leur sont reprochés.
Cette mise au point intervient alors que plusieurs éléments du dossier restent soumis à la procédure judiciaire. Les informations publiées ces derniers jours évoquent notamment des questions liées aux conditions de leur séjour et au visa utilisé pour leur entrée au Togo, sans que l’ensemble des griefs retenus contre eux ait été rendu public de manière détaillée.
En choisissant de renvoyer l’examen du dossier aux autorités judiciaires, la HARC délimite ainsi son intervention. Son communiqué porte principalement sur l’absence de demande d’accréditation et sur les règles applicables aux missions de presse étrangères. La détermination des faits, de leur qualification juridique et des éventuelles responsabilités relève désormais de la procédure judiciaire.
