Depuis son accession à la présidence du pays, Faure Essozimna Gnassingbé a progressivement remodelé l’environnement économique et touristique du Togo. Infrastructures, logistique, climat des affaires, industrialisation et promotion de la destination ont constitué les principaux leviers de cette transformation. Les indicateurs disponibles montrent un changement d’échelle de l’économie et une amélioration de plusieurs paramètres de l’environnement des entreprises.

Une économie trois fois plus importante
Le premier indicateur est celui de la taille de l’économie. Le produit intérieur brut (PIB) du Togo est passé d’environ 3,22 milliards de dollars en 2005 à 10,65 milliards en 2024, selon la Banque mondiale. Le PIB par habitant atteignait 1 119,4 dollars en 2024. La croissance réelle s’est établie à 6,5 % cette même année.
Cette progression s’est accompagnée d’un effort important sur les infrastructures économiques. Le Port autonome de Lomé en constitue l’une des principales illustrations. En 2024, il a traité 30,64 millions de tonnes de marchandises, contre 30,09 millions en 2023. Le transbordement a représenté à lui seul 20,23 millions de tonnes, en progression de 7,11 %.

La modernisation de l’Aéroport international Gnassingbé Eyadema (AIGE) a également renforcé la capacité de connexion du pays. La nouvelle aérogare, mise en service en 2016, a porté la capacité annoncée de la plateforme à environ 2,5 millions de passagers par an.
Le climat des affaires devient un levier de compétitivité
L’autre transformation concerne l’environnement dans lequel évoluent les entreprises. La Cellule Climat des Affaires, créée en 2017, a été chargée de coordonner et de suivre les réformes destinées à faciliter l’investissement privé et à réduire certaines contraintes administratives.
Cette politique a produit des résultats visibles dans les évaluations internationales. Dans le Doing Business de la Banque mondiale, le Togo était passé de la 137e place en 2019 à la 97e en 2020.

Après l’abandon de cet indicateur, le pays a poursuivi ses réformes avec le Business Ready (B-READY). Dans son édition 2025, le Togo obtient un score global de 61,52 points. Il se classe premier en Afrique de l’Ouest et troisième en Afrique subsaharienne, derrière le Rwanda et Maurice.
Le détail de l’évaluation apporte des indications supplémentaires. Le Togo obtient 86 points sur 100 pour l’entrée des entreprises, 68 pour l’insolvabilité, 67 pour les services financiers et 66 pour le travail. Ses scores sont toutefois plus faibles dans le commerce international, avec 50 points, et surtout dans la concurrence des marchés, avec 42 points. Ces résultats montrent à la fois les progrès accomplis et les chantiers qui demeurent.
Des infrastructures à la production locale
La stratégie d’attractivité s’est progressivement étendue à l’industrialisation. La création de la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA) en 2021 a renforcé cette orientation en associant production industrielle, logistique, stockage et services destinés aux investisseurs.
Le textile, l’agro-transformation et d’autres activités manufacturières y occupent une place importante. L’objectif est de ne plus seulement faciliter le passage des marchandises, mais d’accroître la transformation réalisée sur le territoire et, par conséquent, la valeur ajoutée locale.

Cette orientation complète le rôle logistique du Port de Lomé et cherche à rapprocher les infrastructures, les matières premières, la production et les marchés.
Le tourisme retrouve une dynamique
Le secteur touristique constitue l’autre versant de cette transformation. La stratégie nationale de redynamisation du tourisme avait fixé deux objectifs, attirer 500 000 touristes par an et porter la contribution du secteur à 6,2 % du PIB. Elle repose notamment sur le tourisme domestique, l’écotourisme et le tourisme d’affaires.
Le pays a depuis atteint la cible de fréquentation annoncée. Le ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts fait état de plus de 500 000 arrivées de touristes en 2024.

Les investissements dans l’hôtellerie ont accompagné cette orientation. La rénovation de l’Hôtel 2 Février, achevée en 2016, a porté l’établissement à 256 chambres, 64 appartements et plusieurs espaces de réunion. Le tourisme d’affaires bénéficie ainsi d’une capacité d’accueil adaptée aux conférences et aux rencontres internationales.
La valorisation du patrimoine complète cette politique. Le Koutammakou, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, constitue notamment un actif touristique et culturel important.
Une transformation désormais orientée vers 2040
Désormais Président du Conseil dans le cadre de la Ve République, Faure Gnassingbé inscrit cette trajectoire dans un nouveau cadre stratégique articulé autour de « Protéger, Rassembler et Transformer ».

La Vision Togo 2040 et la Feuille de route gouvernementale 2026-2031 fixent désormais le cap de cette nouvelle séquence. L’objectif affiché est de doubler le niveau de vie moyen des citoyens et de ramener l’incidence de la pauvreté à moins de 15 % à l’horizon 2040.
Cette orientation déplace progressivement le centre de gravité de la politique économique. Après les investissements dans les infrastructures et les réformes du climat des affaires, la mesure des résultats reposera davantage sur leur capacité à produire des emplois, des investissements privés, des exportations, de la valeur ajoutée locale et une amélioration du niveau de vie.
Depuis 2005, la transformation s’est donc opérée sur plusieurs fronts. La taille de l’économie a fortement progressé, le Port de Lomé a renforcé sa fonction régionale, le climat des affaires bénéficie désormais d’un dispositif institutionnel dédié et le Togo figure parmi les pays africains les mieux classés par le B-READY. Le tourisme, de son côté, a retrouvé une fréquentation supérieure à 500 000 visiteurs en 2024.
La prochaine phase se mesurera moins au nombre de réformes engagées qu’à leur traduction dans l’économie réelle, notamment en matière d’investissement productif, d’emplois et de réduction de la pauvreté.
