Quarante ans après sa création en 1986, ADZINUKU-ZA a réuni samedi 29 août à Vogan les populations de la préfecture de Vo autour de leur patrimoine culturel. La célébration anniversaire a aussi placé la paix, la cohésion sociale, la jeunesse et la transmission des traditions au cœur des messages adressés à la communauté Ouatchi.

La longévité d’ADZINUKU-ZA tient autant à la fidélité aux traditions qu’à sa capacité à réunir plusieurs générations. Pour son 40e anniversaire, la fête a rassemblé à Vogan les filles et fils de Vo, ainsi que des représentants des autorités administratives, politiques, traditionnelles et religieuses.
L’enjeu n’était pas seulement de commémorer quatre décennies d’existence. Les interventions ont surtout mis en avant la nécessité de maintenir les repères culturels dans une société où les modes de vie évoluent rapidement.

Le président du comité d’organisation, Dr Christophe Akpoto, a rappelé le parcours de la manifestation depuis 1986. Il a rendu hommage à celles et ceux qui ont contribué à sa continuité et souligné la place occupée par cette célébration dans la transmission des valeurs et des pratiques héritées des générations précédentes.
Le représentant du Président du Conseil, le ministre de l’Administration territoriale, de la Gouvernance locale et des Affaires coutumières, a lui aussi placé la mémoire collective au centre de son intervention. Il a décrit ADZINUKU-ZA comme un rendez-vous avec « l’histoire, la culture et la mémoire collective » du pays.

Cette dimension culturelle s’est exprimée sur scène avec les prestations de plusieurs groupes de danses traditionnelles. Le groupe Kadjavuvu, venu d’Akoumapé dans la commune Vo 4, ainsi que d’autres formations folkloriques ont animé la cérémonie. La célébration a également été ponctuée de distinctions honorifiques et de la remise du prix à Miss ADZINUKU-ZA 2026, récompensée par une moto neuve.
La cérémonie a par ailleurs honoré plusieurs personnalités. Le préfet de Vo a reçu une attestation pour sa disponibilité et les services rendus à la République. Togbui Akakpo II, chef du village de Vokoutimé depuis 45 ans, a également été distingué. Un certificat d’honneur a été remis à Maître Apevon.
Mais le message porté lors de cette édition a dépassé le seul registre culturel. Le thème retenu pour 2026 porte sur la transformation structurelle de la préfecture de Vo et la protection de sa jeunesse. Le ministre a appelé les forces vives du territoire à contribuer collectivement à cette ambition, en mettant l’accent sur la paix et la cohésion sociale.

Il a notamment invité les populations à préserver l’unité malgré les différences politiques, religieuses ou liées aux opinions. Cette exigence a été rapprochée des trois axes de l’action publique rappelés dans son intervention, « Protéger – Rassembler – Transformer ».
Plusieurs secteurs ont été évoqués pour illustrer les priorités locales, notamment l’accès à l’eau potable, l’assainissement, les infrastructures scolaires, le cadre de vie ainsi que les liaisons routières et commerciales autour du marché de Gbéké. La formation, l’insertion professionnelle, l’entrepreneuriat et l’autonomisation des jeunes ont également été cités parmi les leviers destinés à accompagner cette génération.
La sauvegarde du patrimoine a occupé une autre place importante dans les échanges. Les populations ont été invitées à conserver leurs codes vestimentaires, leurs attributs traditionnels et leur patrimoine musical. Le message transmis à cette occasion repose sur une idée centrale, la modernisation ne devrait pas conduire à l’abandon des marqueurs culturels.
« La modernité ne doit donc pas être synonyme d’effacement de notre identité. Elle doit, au contraire, nous permettre de préserver nos racines tout en ouvrant nos cultures au monde », a déclaré le ministre.
Cette approche ouvre aussi une réflexion sur la valorisation économique du patrimoine local. La poterie, la gastronomie, l’artisanat et les traditions ont été présentés comme des ressources susceptibles de renforcer l’attractivité de Vo. Une meilleure coordination entre les acteurs de la culture, du tourisme et de l’artisanat a été encouragée, notamment autour du marché historique de Gbéké.
Le 40e anniversaire d’ADZINUKU-ZA aura ainsi combiné célébration populaire et réflexion sur la transmission. La fête a donné une place aux expressions culturelles de la terre Ouatchi, tout en rappelant que leur pérennité dépend aussi de leur capacité à trouver leur place dans les transformations sociales et économiques du territoire.
