Cinquante-sept ans après l’appel lancé le 30 août 1969 par le général Gnassingbé Eyadema en faveur de l’unité nationale, les chefs traditionnels et autorités du grand Kloto ont renoué dimanche à Kpalimé avec une cérémonie de libation et de prière. Le rituel visait à solliciter la protection des ancêtres et des divinités, ainsi que la paix et la sécurité pour le Togo.
La cérémonie a été conduite par le prêtre traditionnel Nyédifo Komi, dit « Cousin », en présence du préfet de Kloto, Assan Koku Bertin, du maire de Kloto 1, Afelete Kossi Atigaku, et de plusieurs garants des us et coutumes.
La commémoration s’est déroulée sur fond de préoccupations sécuritaires dans le nord du pays, confronté à la menace d’attaques terroristes. Les participants ont demandé la protection des mânes des ancêtres pour le territoire national et ceux qui en assurent la conduite.
Des boissons, notamment du schnaps et du « déha », ont été présentées en offrande aux divinités. Le rituel devait également rappeler, selon les organisateurs, le pacte conclu autrefois entre les autorités, les chefs traditionnels et les ancêtres autour de la préservation de la paix.
Le préfet de Kloto a appelé au maintien de cet engagement. « Vous devez toujours veiller sur le Togo pour que la paix, la sécurité et la cohésion règnent entre les fils du Togo », a déclaré Assan Koku Bertin.
Son intervention a également porté sur l’unité nationale et la nécessité d’une meilleure compréhension entre les Togolais. Il a formulé des prières pour la santé et la sécurité du Président du Conseil, des membres du gouvernement et de ceux chargés de conduire les affaires publiques, souhaitant qu’ils disposent de la sagesse nécessaire dans leur mission.
Pour Togbui Dzédo V, chef canton de Womé et président du conseil des chefs traditionnels du grand Kloto, la démarche s’inscrit dans une pratique transmise par les générations précédentes. « Depuis la nuit des temps, des cérémonies similaires ont été faites par nos grands-parents pour implorer leur protection sur le Togo, sur le Président du Conseil et les membres du gouvernement et pour la paix », a-t-il expliqué.
La dimension culturelle de la rencontre a été prolongée par les prestations du groupe traditionnel « Abrafos ». La cérémonie aura ainsi associé mémoire politique, pratiques coutumières et prière autour d’un même appel à préserver la paix et la cohésion nationale.
