L’audience programmée pour le jeudi 27 août 2026 devant la Cour suprême concernant la magistrate Yaya Zeynatou n’a pas eu lieu. Le procès, qui devait examiner des faits de corruption et de détournement de deniers, a été renvoyé à une date indéterminée, sans que les autorités ne communiquent officiellement les raisons de ce report.
Le différend trouverait ses racines dans un contrat commercial entre un homme d’affaires togolais résidant au Ghana et un prestataire local. En 2024, le chef d’entreprise aurait commandé du matériel phytosanitaire et versé plusieurs dizaines de millions de francs CFA soit un total de 115 millions. Le prestataire n’aurait jamais livré la marchandise commandée. Devant cette défaillance, l’homme d’affaires aurait saisi les juridictions nationales. Au cours du procès, le prestataire aurait pris l’engagement de rembourser le montant par échelonnement, formellement consigné dans des décharges. Cet engagement aurait été effectué auprès du cabinet de la magistrate Yaya Zeynatou.
Lors des tractations ultérieures en vue d’un accord de règlement amiable, l’homme d’affaires aurait découvert une réalité préoccupante concernant le prestataire. Ce dernier aurait versé un total de 115 millions de francs CFA au cabinet de la magistrate. Or, cette dernière n’aurait jamais reversé ces fonds au demandeur, les retenant apparemment pour son compte. Après des réclamations et pressions répétées, la magistrate aurait consenti à un premier remboursement de 59 millions de francs CFA en septembre 2024, s’engageant formellement à verser le reliquat de 56 millions de FCFA en octobre 2024. Cet engagement n’aurait pas été tenu.
Selon les informations recueillies, il serait établi que la magistrate Yaya Zeynatou serait une habituée de ce type de pratiques. Plusieurs affaires similaires impliquant des détournements de fonds confiés à son cabinet auraient été documentées par le passé, suggérant un mode opératoire répétitif de sa part.
Face à cette impasse, l’homme d’affaires aurait de nouveau saisi les juridictions compétentes pour réclamer ses fonds. À partir de ce moment, le dossier aurait remonté auprès du garde des Sceaux, Me Pacôme Adjourouvi, ministre de la Justice et des Droits humains, qui aurait à son tour décidé de saisir la Cour suprême afin que toute la lumière soit faite sur cette affaire. L’affaire a donc finalement été transmise à la Cour suprême, qui devait juger la magistrate pour des faits de corruption et détournement de deniers d’autrui.
Le report de l’audience du 27 août 2026 soulève cependant des interrogations. S’agirait-il d’une simple mesure procédurale ou des négociations discrètes seraient-elles en cours pour solder l’affaire à l’amiable, voire pour étouffer la procédure ? Le silence persistant des autorités nourrirait les doutes quant à une possible tentative de règlement extrajudiciaire et à la possible instrumentalisation des délais judiciaires. À ce stade, aucun élément officiel ne permet de trancher définitivement. La magistrate demeure présumée innocente des accusations portées contre elle, en attente de jugement.
Anani SOSSOU
