Aux côtés de Xi Jinping, Vladimir Poutine et Narendra Modi, Faure Gnassingbé a participé au sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à Bichkek, à l’occasion du 25e anniversaire de l’organisation. Pour sa première participation à cette instance, le président du Conseil togolais a défendu ce mardi 1er septembre 2026, une vision de la multipolarité fondée sur la diversification des partenariats et la capacité des États africains à déterminer librement leurs priorités.

La présence du président du Conseil togolais à cette rencontre réunit autour d’une même table plusieurs des principaux pôles de puissance de la scène internationale. La Chine, la Russie et l’Inde y sont représentées au plus haut niveau, aux côtés d’autres États membres et partenaires de l’OCS. L’organisation revendique environ 40 % de la population mondiale et près de 25 % du produit intérieur brut (PIB) mondial.
Dans cette configuration, l’intervention de Faure Gnassingbé a porté sur la place que l’Afrique entend occuper dans la recomposition des équilibres internationaux. Le dirigeant togolais a défendu une approche qui ne consiste pas à substituer une dépendance à une autre, mais à élargir les possibilités de coopération.

« La multipolarité doit nous donner davantage de choix et non créer de nouvelles divisions », a-t-il déclaré. Pour les pays africains, l’émergence de nouveaux partenaires représente, selon lui, une possibilité de diversifier les relations extérieures, de réduire certaines dépendances et de sélectionner les coopérations en fonction de leurs propres priorités.
Le président du Conseil a toutefois établi une distinction entre multipolarité et fragmentation. La multiplication des centres de puissance peut aussi nourrir les rivalités et les rapports de force. Elle ne garantit donc pas, à elle seule, un système international plus équitable.
Son plaidoyer repose dès lors sur une articulation entre multipolarité et multilatéralisme. Faure Gnassingbé a réaffirmé le rôle de l’Organisation des Nations unies (ONU), tout en appelant à une évolution de ses mécanismes de gouvernance. Il a notamment relevé la représentation insuffisante de l’Afrique dans les instances décisionnelles internationales.

Cette réforme devrait également, selon lui, favoriser une meilleure articulation entre l’ONU, l’Union africaine (UA), l’Organisation de coopération de Shanghai et les organisations régionales. L’objectif est de préserver un cadre de règles communes dans un système international devenu plus diversifié.
La question économique occupe une place centrale dans cette vision. Pour Faure Gnassingbé, la capacité de l’Afrique à peser dans les nouveaux équilibres mondiaux dépend aussi de sa faculté à financer son développement, à transformer ses ressources et à accroître la création de valeur sur son territoire.
Il a ainsi appelé à privilégier des partenariats axés sur l’investissement productif, les infrastructures, la transformation locale et le transfert de technologie. Ces coopérations, a-t-il souligné, doivent pouvoir être développées avec l’ensemble des grands espaces économiques, notamment l’Asie, l’Europe, les Amériques et les autres pays africains.

La première participation du Togo au sommet de l’OCS place ainsi sa diplomatie dans un espace de dialogue avec plusieurs puissances qui structurent les équilibres économiques et géopolitiques actuels. La portée de cette ouverture se mesurera toutefois aux coopérations concrètes susceptibles d’en découler, notamment dans les domaines économique, technologique et sécuritaire.
