La 363ᵉ édition d’Épé-Ekpé atteint ce jeudi 3 septembre son moment le plus attendu. À Glidji Kpodji, le rituel de l’Ékpéssosso doit révéler la pierre sacrée dont la couleur sera interprétée comme un message destiné au peuple Guin pour la nouvelle année traditionnelle.
Depuis plusieurs semaines, le calendrier rituel conduit progressivement la communauté Guin vers ce rendez-vous. Le 13 août, la cérémonie du Kpémama avait fixé au 3 septembre la date du pèlerinage vers la forêt sacrée d’Avé-Gbatso. Le rituel avait notamment reposé sur le décompte de 22 grains de maïs, correspondant aux jours séparant cette cérémonie de la prise de la pierre.
Ce jeudi, l’attention se concentre donc sur Glidji Kpodji. La pierre sacrée constitue le cœur de l’Ékpéssosso. Sa sortie marque, selon la tradition Guin, le passage vers une nouvelle année. Sa couleur est ensuite soumise à une lecture spirituelle par les détenteurs du savoir rituel. Elle est considérée comme un signe susceptible d’orienter la communauté sur les mois à venir.
L’attente porte ainsi moins sur la cérémonie elle-même que sur la signification qui sera donnée à la pierre. Les messages associés au rituel peuvent concerner la vie collective, les relations entre les membres de la communauté, la paix, la santé, les récoltes ou encore les comportements jugés contraires aux prescriptions traditionnelles.
L’édition 2026 intervient après une séquence préparatoire marquée par plusieurs rites. Le Situtu Na Bosromafli, organisé le 7 août à Fantécomè, était consacré à la purification et à la réconciliation des fils et filles Guin. D’autres cérémonies ont ensuite jalonné le calendrier jusqu’au Kpémama, avant le rendez-vous de ce 3 septembre.
Cette succession de rites donne à l’Épé-Ekpé une portée qui dépasse la seule journée de révélation de la pierre. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), les rites du Nouvel An en pays Guin regroupent une vingtaine de pratiques accomplies chaque année durant sept mois pour honorer les divinités et les ancêtres. L’ensemble a été inscrit en 2025 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.
Le rendez-vous de Glidji réunit par ailleurs des participants venus du Togo et de la diaspora. Les chants, processions, prières et autres séquences rituelles accompagnent ce retour annuel vers l’un des principaux lieux spirituels de la tradition Guin.
L’enjeu de cette journée réside donc dans la parole attribuée à la pierre. Une fois révélée, sa couleur donnera lieu à l’interprétation des prêtres et dignitaires. Ce message constituera le premier repère symbolique de la nouvelle année traditionnelle du peuple Guin.
Après une année 2025 marquée par une pierre de couleur blanc-sale, interprétée notamment comme un appel à restaurer les liens fraternels et la solidarité, l’édition 2026 est désormais attendue pour livrer son propre signe.
À Glidji Kpodji, le rituel doit ainsi répondre à une question que la communauté porte depuis plusieurs semaines. Quelle pierre sera révélée et quel message lui sera associé pour l’année qui commence ?
