Le Togo engage une réforme destinée à faciliter l’installation des compagnies aériennes sur son territoire. Désormais, les transporteurs qui souhaitent obtenir les autorisations nécessaires pour exercer leurs activités devront s’acquitter de 3,5 millions de FCFA, contre près de 200 millions auparavant. Cette décision, annoncée lors de la première réunion du Comité de supervision économique du transport aérien de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), vise à favoriser une concurrence plus large et à améliorer la connectivité aérienne.
La mesure représente une réduction d’environ 98 % des frais d’accès au marché. Pour les autorités, cet allègement doit lever l’un des principaux obstacles à l’arrivée de nouveaux opérateurs et renforcer l’attractivité du secteur aérien.
Le directeur général de l’Agence nationale de l’aviation civile (ANAC), le colonel Idrissou Ahabou Abdou, a précisé que cette décision est prise sur instruction du champion du Marché unique du transport aérien africain (MUTAA), Faure Gnassingbé, président du Conseil. « Sur instruction du champion du MUTAA, nous allons appliquer une nouvelle directive. Vous pouvez désormais vous installer en tant que compagnie avec 3,5 millions au lieu de 200 millions », a-t-il déclaré.

Selon lui, cette réforme favorisera une présence plus importante de compagnies aériennes sur le marché. « Quand on multiplie les compagnies aériennes, ça entraîne mécaniquement une concurrence, et la concurrence entraîne mécaniquement la baisse des coûts », a-t-il expliqué.
Cette évolution accompagne les ambitions portées autour de l’Aéroport international Gnassingbé Eyadema (AIGE). Grâce à sa position géographique au carrefour de l’Afrique de l’Ouest, cette plateforme accueille déjà plusieurs transporteurs qui desservent de nombreuses destinations régionales et internationales. Une hausse du nombre de compagnies pourrait élargir davantage le réseau de liaisons et accroître les possibilités de correspondance pour les voyageurs.
La réforme intervient alors que la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) poursuit la mise en œuvre de son programme de libéralisation du transport aérien. L’organisation régionale a notamment décidé de supprimer plusieurs taxes appliquées au secteur et de réduire de 25 % certaines redevances liées aux passagers et à la sécurité. Selon les estimations présentées lors des travaux, l’application complète de ces mesures pourrait entraîner une baisse d’environ 40 % du prix des billets et contribuer à une hausse du trafic aérien dans l’espace communautaire.
Le directeur du transport à la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Chris Appiah, a indiqué que les États membres avancent à des rythmes différents dans la mise en œuvre de ces réformes. De son côté, le colonel Idrissou Ahabou Abdou a rappelé que le Togo a participé, en juin 2026, à la Convention et Exposition africaines du transport aérien, consacrée au développement du Marché unique du transport aérien africain (MUTAA). La réduction des frais d’accès au marché traduit la volonté du pays de soutenir cette dynamique et de renforcer son attractivité auprès des compagnies aériennes.
