La Russie organise ses relais économiques au Niger, au Mali, au Burkina Faso, au Togo et en République centrafricaine, avec un dispositif destiné à faciliter les investissements de ses entreprises. Le secteur minier occupe une place visible dans cette démarche, portée par Alexey Tolokonnikov, président du groupe russe OKTO.
Créé à l’initiative du ministère russe de l’Énergie et de la Chambre de commerce et d’industrie de la Fédération de Russie, le conseil doit accompagner les entreprises intéressées par ces marchés. Ses missions comprennent l’identification de projets, la recherche de partenaires et d’investisseurs, ainsi que la facilitation des échanges entre les milieux économiques et les autorités publiques. Sa présidence a été confiée à Tolokonnikov le 14 octobre, selon l’agence russe African Initiative.
Cinq jours après cette nomination, une délégation d’OKTO a été reçue par le ministre nigérien des Mines, le commissaire-colonel-major Abarchi Ousmane. Les discussions du 19 octobre ont porté sur les perspectives de partenariat dans le secteur minier nigérien. Aucun accord d’exploitation ni engagement financier précis n’a été annoncé à l’issue de cette rencontre.
L’intérêt du groupe pour les ressources aurifères de la région était déjà apparu au Burkina Faso. Le 19 janvier, l’agence de presse Interfax rapportait qu’OKTO pouvait se porter acquéreur des actifs de Nordgold dans le pays, notamment les mines de Bissa et de Bouly. La valeur de la transaction envisagée était estimée par la presse russe à au moins un milliard de dollars. Les deux sites avaient produit ensemble quelque 270 000 onces d’or en 2021, dernière année pour laquelle Interfax citait des données consolidées. La vente éventuelle n’était toutefois pas confirmée par les parties.
Le périmètre du conseil ne se limite pas aux pays de l’Alliance des États du Sahel. Le Togo, qui entretient des relations économiques avec Moscou dans plusieurs secteurs, en fait aussi partie, aux côtés de la République centrafricaine. La première session de la Commission mixte intergouvernementale togolo-russe, tenue à Lomé du 29 septembre au 1er octobre, a permis d’examiner des possibilités de coopération dans l’industrie, les mines, la métallurgie et l’énergie. Deux mémorandums d’entente ont été signés, tandis que plusieurs autres accords restaient à finaliser.
La création du conseil fournit donc aux entreprises russes un cadre commun pour préparer leur accès à ces cinq marchés. Elle ne préjuge toutefois ni de la conclusion de contrats miniers ni du volume des capitaux qui seront effectivement engagés. Les projets annoncés devront encore se traduire par des accords identifiables pour que leur portée économique puisse être mesurée.
