Le recours massif aux contrats d’intérim dans les banques et assurances togolaises cristallise les tensions entre employés et employeurs. Les syndicats du secteur ont profité de la fête du travail, le 1er mai 2026, pour exiger la fin de ces formes d’emploi qu’ils jugent inadaptées aux métiers financiers.
Awoula Yati Baba, secrétaire général du Syndicat des employés et cadres des banques, des établissements financiers et des assurances du Togo (SYNBANK), pointe les dangers de cette pratique. Selon lui, la multiplication des contrats temporaires fragilise non seulement les travailleurs mais expose aussi les institutions à des failles de sécurité. La confidentialité des données bancaires et financières exige une stabilité que l’intérim ne peut garantir.
Les représentants des salariés réclament des réformes pour sécuriser les parcours professionnels. Ils demandent également la création d’un fonds destiné à renforcer les compétences du personnel. L’application effective des dispositions relatives à l’Assurance maladie universelle figure aussi parmi leurs priorités. Ces mesures doivent permettre d’améliorer les conditions de travail tout en élevant le niveau de qualification des employés.
Le Syndicat des assurances (SYNASSUR) a rejoint ce plaidoyer en mettant l’accent sur l’éthique professionnelle. Ses responsables estiment que la précarité des contrats favorise les comportements à risque, les fraudes et les conflits d’intérêts. La stabilisation des emplois contribuerait à assainir les pratiques.
Face à ces revendications, l’Association professionnelle des banques et établissements financiers du Togo (APBEF) a exposé les contraintes du secteur. Le patronat évoque la pression de l’inflation mondiale, la menace croissante de la cybercriminalité et les difficultés à financer l’économie locale. Ces éléments expliqueraient en partie le recours aux formules d’emploi flexibles.
La mobilisation du 1er mai a pris la forme d’une marche dans la capitale, avec un rassemblement devant le siège de BIA-Togo. Le thème retenu pour cette édition portait sur le dialogue social, un signal adressé aux employeurs pour ouvrir des négociations. Les syndicats espèrent obtenir des engagements concrets sur la transformation progressive des contrats précaires en postes permanents.
Le bras de fer entre salariés et dirigeants des institutions financières révèle les tensions qui traversent un secteur en pleine mutation. Les banques et compagnies d’assurance doivent composer avec les exigences de rentabilité et les attentes légitimes d’une main-d’œuvre qui aspire à plus de sécurité. La suite des discussions dira si les parties parviendront à trouver un terrain d’entente.
