Le gouvernement renforce son autonomie technique en créant le Bureau d’études et d’ingénierie du Togo (BEIT). Le Conseil des ministres a adopté un décret établissant cette nouvelle structure destinée à supporter la formulation, l’exécution et l’évaluation des politiques publiques de développement. Cette création répond à un diagnostic récurrent dans les rapports governmentaux. Le Togo dispose d’une ingénierie publique insuffisamment capitalisée et fragmente entre différentes structures.
La formulation et l’exécution des politiques publiques reposent fondamentalement sur la disponibilité d’une expertise technique multidisciplinaire et intégrée. Les diagnostics institutionnels et sectoriels réalisés ont mis en évidence des limites persistantes dans le dispositif national d’ingénierie publique. Parmi ces limites figurent la dispersion des fonctions d’études, de conseil, de suivi et de contrôle, l’insuffisante capitalisation de l’expertise nationale ainsi que le recours excessif à des assistances techniques externes, souvent coûteuses et insuffisamment intégrées à la stratégie de développement de long terme.
Face à ces défis, le gouvernement a décidé de créer le Bureau d’études et d’ingénierie du Togo. Cette structure aura pour mission d’identifier, de planifier et de concevoir les projets d’envergure. Elle assurera la maîtrise d’ouvrage et le contrôle technique des investissements publics. Le BEIT deviendra progressivement le centre de capitalisation de l’expertise technique du Togo.
La multiplication des projets d’infrastructure dans les secteurs des télécommunications, de l’énergie, de l’eau, du gaz et des travaux publics a révélé l’importance cruciale d’une capacité de conception technique robuste. Des projets mal conçus gaspillent les ressources publiques et créent des infrastructures de mauvaise qualité qui générent des coûts d’exploitation élevés. Un projet bien conçu, conversely, dure décennies et crée de la valeur.
Le BEIT devra recruter et retenir les meilleurs ingénieurs, économistes et spécialistes de projet disponibles. Il devra établir des partenariats avec les universités togolaises pour former la nouvelle génération de professionnels. Il devra aussi créer des programmes de retention des talents pour éviter que les meilleurs cadres ne cherchent des opportunités à l’étranger.
La création du BEIT incarne une volonté de réduire la dépendance du Togo envers les consultants externes. Bien que certaines assistances externes puissent rester utiles, un excès de dépendance crée plusieurs problèmes. Cela coûte cher. Cela ralentit les processus décisionnels. Cela réduit la capacité d’apprentissage des cadres gouvernementaux.
En concentrant l’expertise au sein du BEIT, le gouvernement crée un lieu unique d’excellence technique où les projets sont conçus en cohérence avec les stratégies nationales à long terme. Le bureau pourra développer une culture propre de qualité, des normes techniques strictes et une mémoire institutionnelle des projets réussis.
Le BEIT s’inscrit aussi dans une dynamique pan-africaine. Plusieurs États du continent reconnaissent que le développement durable dépend de la capacité à formuler et exécuter les politiques publiques avec une expertise technique interne robuste. Des structures similaires émergent dans d’autres pays. Le Togo rejoint ce mouvement d’autonomisation technique.
La structure devra aussi développer une capacité de suivi-évaluation rigoureux de l’impact des projets. Trop souvent, les gouvernements construisent des projets sans mesurer efficacement si les objectifs ont été atteints. Le BEIT devra mettre en place des systèmes de monitoring qui permettront d’identifier les problèmes rapidement et d’ajuster les approches si nécessaire.
