Le Togo bénéficie d’un nouveau financement concessionnel de 200 millions de dollars, soit près de 115 milliards de FCFA, pour poursuivre la modernisation de ses infrastructures de transport. Approuvé par la Banque mondiale, cet appui soutiendra le Programme d’amélioration des systèmes logistiques et du transport (PASLT), dont l’ambition est de faciliter la circulation des marchandises, d’améliorer les déplacements urbains et de rapprocher les zones agricoles des principaux marchés.
L’enveloppe servira d’abord à remettre en service la liaison ferroviaire entre le Port autonome de Lomé (PAL) et la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA). Ce corridor permettra d’acheminer une partie des conteneurs par rail, réduisant ainsi la pression sur le trafic routier entre les deux sites. Il contribuera également à raccourcir les délais de transport et à accompagner les activités de la plateforme industrielle, devenue l’un des pôles de transformation du pays.
Cette relance intervient alors que le trafic du Port autonome de Lomé poursuit sa progression. En une décennie, il est passé de 311 500 équivalents vingt pieds (EVP) en 2013 à près de 1,9 million d’EVP en 2023. L’évolution des volumes traités renforce la nécessité d’adapter les infrastructures logistiques afin d’assurer une meilleure fluidité des échanges.
Le programme prévoit également des investissements dans le Grand Lomé. Les aménagements annoncés visent à réduire les ralentissements autour de la zone portuaire, à améliorer la circulation des véhicules et à faciliter les déplacements des usagers. Selon les estimations de la Banque mondiale, près de 2,2 millions de personnes devraient bénéficier d’une baisse de la congestion routière ainsi que d’une amélioration de la qualité de l’air.
Par ailleurs, plusieurs bassins agricoles seront mieux reliés aux circuits de commercialisation. Les travaux concerneront notamment les régions de la Kara, des Savanes, des Plateaux et la plaine de Mô. L’amélioration des routes de desserte facilitera l’évacuation des récoltes, réduira les pertes après production et favorisera un accès plus rapide aux marchés nationaux et régionaux. Les infrastructures seront également adaptées aux effets des aléas climatiques. Environ 400 000 personnes, dont une majorité de femmes, sont concernées par ce volet.
Le financement est assuré par l’Association internationale de développement (IDA), l’institution du Groupe de la Banque mondiale dédiée aux pays à faible revenu. Il vient compléter les 150 millions de dollars approuvés à la fin de l’année 2025 pour soutenir l’investissement privé et la création d’emplois. Le portefeuille actif de la Banque mondiale au Togo atteint désormais près de 1,5 milliard de dollars.
« Ce programme représente une opportunité stratégique pour le Togo de renforcer sa position comme pôle de transport et de logistique de la sous-région, en s’appuyant sur le Port de Lomé », a déclaré Ousmane Diagana Verheijen, représentant résident du Groupe de la Banque mondiale au Togo. Selon lui, les investissements prévus contribueront également à renforcer les chaînes de valeur, à améliorer la sécurité routière et à faciliter la mobilité des populations.
En réunissant le rail, les infrastructures routières et les voies de desserte agricole au sein d’un même programme, le PASLT accompagne les efforts engagés par les autorités pour améliorer la connectivité du territoire et renforcer l’efficacité de la chaîne logistique. L’objectif est de soutenir les échanges commerciaux, de faciliter le transport des productions et de consolider le rôle du Togo comme plateforme logistique en Afrique de l’Ouest.
