La région Centrale se prépare à accueillir une nouvelle séquence du programme national d’identification biométrique. Du 17 août au 7 septembre 2026, l’Agence nationale d’identification (ANID) conduira une opération d’enregistrement de masse dans les préfectures de Mô, Blitta, Tchamba, Sotouboua et Tchaoudjo. Les autorités ont consacré la période du 30 juillet au 6 août à l’information des acteurs locaux et à la préparation du dispositif de proximité.
L’enjeu dépasse la seule collecte de données. Il s’agit de constituer, pour les personnes enregistrées, une identité unique reconnue par l’État, fondée sur des données biométriques et démographiques. Le dispositif doit ensuite servir de référence pour la vérification de l’identité dans les relations avec les services publics, sociaux et privés.
Le déploiement dans la Centrale intervient après plusieurs opérations conduites dans d’autres parties du pays. Les préfectures du Golfe et d’Agoè-Nyivé ont déjà été concernées, de même que certaines zones des régions des Savanes, de la Maritime et des Plateaux. En janvier 2026, une nouvelle phase avait notamment été lancée dans le Zio.
Pour la prochaine campagne, l’ANID a choisi de préparer le terrain plusieurs semaines avant l’ouverture des bureaux d’enregistrement. Du 30 juillet au 6 août, des séances d’information et de consultation ont réuni les acteurs locaux dans les cinq préfectures concernées. L’objectif était de clarifier les modalités de l’opération, de préciser le rôle des différents intervenants et de préparer l’accueil des populations.
Cette préparation comporte aussi un volet consacré au traitement des réclamations. Des comités communaux de gestion des plaintes ont été installés afin de recueillir les difficultés susceptibles d’apparaître au cours de l’enregistrement et d’orienter leur traitement. Le choix d’un mécanisme local répond à une exigence pratique. Une campagne qui doit toucher un grand nombre de personnes repose autant sur la capacité technique des équipes que sur la possibilité, pour les populations, de signaler rapidement une erreur ou une difficulté.
Le programme est porté dans le cadre du Projet d’identification unique pour l’intégration régionale et l’inclusion en Afrique de l’Ouest (WURI), soutenu par la Banque mondiale. Le projet togolais vise à attribuer un Numéro d’identification unique (NIU) aux personnes vivant sur le territoire, avec l’objectif de disposer d’une preuve d’identité reconnue par les pouvoirs publics. Le financement initial consacré au Togo s’élevait à 72 millions de dollars.
La Banque mondiale a approuvé en juin 2026 un financement additionnel de 20 millions de dollars pour la deuxième phase du programme WURI au Togo et au Bénin. Les documents du projet expliquent cette enveloppe supplémentaire par les coûts liés au déploiement d’un système biométrique complexe et à l’extension des opérations d’enregistrement de masse.
Le chantier togolais s’appuie sur une architecture conçue pour dépasser la délivrance d’un simple document d’identité. Le NIU doit constituer une référence commune pour faciliter l’accès à différents services. L’identification peut notamment contribuer à la gestion des programmes sociaux, à l’accès aux services financiers, aux démarches administratives et à la vérification de l’identité dans les services publics et privés. Le programme WURI repose par ailleurs sur le principe d’une identification inclusive des personnes présentes sur le territoire, indépendamment de leur nationalité ou de leur statut juridique.
Cette dimension explique aussi l’importance accordée à la protection des données. La Banque mondiale associe le développement des systèmes d’identification biométrique au renforcement des cadres juridiques et institutionnels, ainsi qu’à la protection de la vie privée et des données personnelles. Au Togo, le dispositif e-ID est présenté comme un registre national d’identification sécurisé et interopérable.
La région Centrale constitue donc une nouvelle zone de déploiement pour un dispositif qui avance par séquences territoriales. Du 17 août au 7 septembre, les populations de Mô, Blitta, Tchamba, Sotouboua et Tchaoudjo seront appelées à participer aux opérations. Les autorités locales demandent aux habitants de faciliter le travail des équipes d’enregistrement et de réserver un bon accueil aux agents mobilisés.
Le succès de cette phase dépendra autant de la couverture des populations que de la qualité des données recueillies et de la capacité des structures locales à accompagner les usagers. Avec l’installation préalable des comités de gestion des plaintes et la campagne d’information menée dans les cinq préfectures, les autorités ont choisi de traiter ces deux dimensions avant l’ouverture de la période d’enregistrement.
