L’accès à une première expérience professionnelle reste un enjeu central pour les jeunes diplômés et étudiants. Deux dispositifs présentés jeudi 20 août au secteur privé cherchent à rapprocher davantage la formation académique des réalités de l’entreprise, avec des formats et des niveaux de rémunération différents.
Réunis lors d’une rencontre d’échanges avec les opérateurs économiques, les acteurs publics et privés ont présenté les modalités de « Vacances actives en entreprise 2026 » et de « Talent2africa ». La séance était présidée par le ministre délégué chargé de la Jeunesse et des Sports, Dr Abdul-Fahd Fofana, en présence de Valentine Sama, représentante du président du Conseil national du patronat du Togo (CNP-Togo).
Le premier dispositif, porté par l’Agence nationale pour l’emploi (ANPE), revient pour une deuxième édition après une première campagne qui avait placé plus de 1 200 jeunes dans 260 structures en 2025. Le programme prévoyait alors des stages d’immersion d’un mois, avec une allocation mensuelle de 50 000 francs CFA. Les femmes représentaient 39,2 % des bénéficiaires.
Pour 2026, le dispositif s’appuie sur une plateforme numérique destinée à faciliter la mise en relation entre les entreprises et les étudiants. Les sociétés peuvent y déposer leurs besoins en stagiaires, tandis que les candidats peuvent s’enregistrer pour intégrer le programme.
Le second mécanisme repose sur une logique différente. Mis en œuvre avec l’appui de la Fondation Mastercard et de Talent2Africa, il prévoit 500 stages rémunérés sur une période de douze mois. L’indemnité annoncée s’élève à 125 000 francs CFA par mois et doit être prise en charge par la Fondation Mastercard. Les entreprises n’ont pas de frais de recrutement à supporter dans ce cadre.
Talent2Africa présente ce dispositif comme une passerelle vers l’emploi destinée notamment aux jeunes professionnels et jeunes diplômés. Le programme prévoit une sélection sur la base du mérite, des évaluations, une mise en relation avec les organisations d’accueil et un accompagnement professionnel.
La différence entre les deux programmes tient donc aussi à leur durée et à leur finalité. « Vacances actives en entreprise » privilégie une première immersion, notamment pour les étudiants. Talent2africa propose une expérience plus longue, avec l’objectif de rapprocher les jeunes professionnels d’un emploi durable.
Pour les entreprises, ces dispositifs constituent aussi un moyen d’observer les compétences des candidats dans leurs conditions réelles de travail. Le programme Talent2Africa prévoit notamment que les profils présélectionnés puissent être formés et évalués avant une éventuelle embauche. Cette approche rejoint l’un des enjeux récurrents de l’insertion des jeunes, celui de l’écart entre les qualifications acquises dans les établissements de formation et les compétences recherchées par les employeurs.
Le ministre délégué chargé de la Jeunesse et des Sports a insisté sur cette articulation entre formation et pratique professionnelle. « La formation des jeunes ne doit pas se limiter aux enseignements théoriques dispensés dans les établissements universitaires. Elle doit également leur permettre de se confronter aux réalités du marché de l’emploi grâce à l’alternance et à l’apprentissage par la pratique », a déclaré Abdul-Fahd Fofana.
Le directeur général de l’Agence nationale pour l’emploi, Kossi Tsiglo, a pour sa part réaffirmé la volonté de l’Agence de renforcer sa coopération avec les entreprises afin de faciliter l’accès des jeunes à une première expérience professionnelle.
Le retour d’expérience des entreprises ayant accueilli les premiers bénéficiaires constitue un autre élément du dispositif. Badi Tchamdja et Komlan Souka, qui avaient reçu des stagiaires en 2025, ont notamment relevé leur capacité d’intégration et leur contribution aux activités des structures d’accueil.
Avec ces deux programmes, le dispositif d’insertion repose désormais sur deux temporalités. L’une vise une immersion courte pour familiariser les étudiants avec l’entreprise. L’autre cherche à prolonger l’expérience professionnelle sur douze mois et à rapprocher les jeunes diplômés d’une éventuelle embauche. Pour les entreprises, l’enjeu reste de transformer ces périodes de stage en véritables expériences d’apprentissage et d’évaluation des compétences.
