Un investissement de plus de 1,5 million d’euros vient renforcer les capacités du principal laboratoire public de Guinée-Bissau. Remis le 19 août 2026 dans le cadre du projet PROALAB, le matériel doit améliorer le diagnostic des maladies, la surveillance épidémiologique et la capacité de réponse du pays face aux menaces sanitaires.

Le dispositif ne se limite pas à un appui ponctuel au système de santé bissau-guinéen. Il constitue l’une des composantes d’un programme régional soutenu par l’Allemagne et mis en œuvre par l’Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS), avec pour objectif de consolider les capacités des laboratoires de référence dans plusieurs pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
D’une valeur exacte de 1 511 499,77 euros, les équipements ont été remis au Laboratoire national de santé publique (LNSP). Ils comprennent notamment des appareils destinés aux analyses par réaction de polymérisation en chaîne (PCR) et aux tests immunologiques, ainsi que du matériel général de laboratoire, des produits spécialisés, des réactifs et des consommables.
Ces moyens doivent renforcer les différentes étapes de la chaîne de diagnostic. Un laboratoire mieux équipé peut traiter davantage d’échantillons, confirmer plus rapidement la présence d’agents pathogènes et transmettre des données utiles aux systèmes de surveillance. Cette capacité constitue un élément essentiel pour détecter précocement une maladie et orienter la réponse des autorités sanitaires.
La cérémonie de remise s’est tenue dans les locaux du Laboratoire national de santé publique. Le directeur général de l’Organisation ouest-africaine de la santé, le Dr Melchior Athanase Joël C. Aïssi, a remis officiellement les équipements au ministre de la Santé publique de Guinée-Bissau, le commodore Dr Quinhin Nantote. L’ambassadrice Ngozi Ukaeje, représentante résidente de la CEDEAO dans le pays, ainsi que le point focal de l’OOAS, le Dr Plácido Cardoso, et le directeur général du laboratoire, le Dr Baltazar Cá, ont également pris part à la cérémonie.
L’opération relève de la deuxième phase du projet de renforcement des services épidémiologiques et des systèmes de santé dans la région de la CEDEAO, connu sous l’acronyme PROALAB. Son financement est assuré par la République fédérale d’Allemagne par l’intermédiaire de la banque allemande de développement KfW Entwicklungsbank.
Le projet repose sur une logique régionale. Les achats concernés par cette composante bénéficient aux laboratoires de référence de cinq pays, à savoir le Ghana, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Sénégal et la Gambie. L’appel d’offres lancé pour ces équipements portait sur quatre catégories, avec les matériels de PCR et d’immunologie, les équipements généraux, les produits et matériels de laboratoire ainsi que les réactifs et consommables.
Cette approche prolonge un travail engagé plusieurs années auparavant. Le PROALAB a démarré en juin 2018 et vise à renforcer durablement les réseaux de laboratoires nationaux et régionaux de référence afin d’améliorer l’identification rapide des épidémies infectieuses en Afrique de l’Ouest. Le programme prévoit notamment la modernisation des infrastructures, l’acquisition d’équipements essentiels et le renforcement des dispositifs nécessaires au fonctionnement des laboratoires.
En Guinée-Bissau, l’OOAS avait déjà conduit, en mars 2025, une mission d’évaluation du système de laboratoires avec le Fonds mondial et l’Institut Pasteur de Dakar. Les équipes avaient visité plusieurs structures afin d’identifier leurs besoins et de définir les priorités de renforcement. Le PROALAB couvre plus largement 25 laboratoires dans neuf pays de la région.
La remise du 19 août intervient donc dans une démarche qui associe évaluation des besoins, investissements matériels et consolidation des capacités nationales. Pour le Laboratoire national de santé publique, l’enjeu est désormais de transformer ces équipements en capacités opérationnelles durables, notamment pour la détection et la confirmation des maladies ainsi que pour la réponse aux urgences sanitaires.
À l’échelle régionale, le dispositif repose sur une même logique. Renforcer les laboratoires nationaux doit aussi améliorer la qualité et la rapidité des informations disponibles pour la surveillance épidémiologique. Dans un espace où les maladies infectieuses peuvent circuler rapidement d’un pays à l’autre, la capacité de diagnostic constitue ainsi l’un des fondements de la sécurité sanitaire collective.
