Dans une tribune publiée le 27 août 2026 sous le titre « MGT, CNCC, une odeur politique toxique », Cyr Adomayakpor oppose un refus catégorique au projet de transition défendu par le Manifeste Génération Togo (MGT) et le Cadre National de Concertation pour le Changement (CNCC). Son argumentaire porte à la fois sur la portée de la décision de la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), la légitimité des institutions de la Ve République et la stratégie de l’opposition.
Sur le terrain juridique, l’auteur récuse toute lecture qui ferait de l’arrêt de la juridiction communautaire un instrument d’abrogation de la réforme constitutionnelle de 2024. Il soutient que cette décision « n’a aucune force coercitive ni aucune obligation d’abroger les réformes internes » et réaffirme la prééminence de la Constitution dans l’ordre juridique national.
C’est toutefois la perspective d’une transition qui suscite chez lui la réaction la plus virulente. Cyr Adomayakpor y voit une rupture avec les institutions établies et dénonce « une transition de bradage et de braquage de la souveraineté nationale ». Il va jusqu’à qualifier le projet de « tentative de coup d’État civil et politique ».
La critique s’étend à la sollicitation d’un appui extérieur. L’auteur estime que l’intervention de la communauté internationale dans une éventuelle transition porterait atteinte à la souveraineté nationale. Sa tribune oppose ainsi au projet du MGT et du CNCC une conception de la sortie de crise fondée sur la continuité des institutions nationales.
Pour étayer cette position, il invoque le verdict des urnes. Il rappelle les élections législatives et régionales de 2024, puis les élections sénatoriales et municipales de 2025. À ses yeux, cette succession de scrutins constitue un élément de légitimation du nouvel ordre constitutionnel. Il considère que les électeurs disposaient, par le vote, d’un moyen d’exprimer leur désaccord avec la réforme.
La tribune prend ensuite une tonalité plus directement politique. Cyr Adomayakpor met en cause la capacité de l’opposition à porter une alternative crédible et appelle de ses vœux une recomposition du champ politique autour d’une opposition qu’il souhaite « responsable » et attachée à l’esprit républicain.
À cette transition politique qu’il récuse, il oppose une autre conception du changement. « La seule transition qui importe pour les Togolais, c’est celle qui mène notre pays en développement vers un Togo totalement émergent », écrit-il, en rattachant cette ambition à l’action du Président du Conseil.
La charge se durcit dans les dernières lignes. L’auteur dénonce les divisions, les rivalités et les luttes d’influence au sein de l’opposition, qu’il juge incompatibles avec l’exercice d’une responsabilité politique durable. Sa conclusion, « BON DÉBARRAS !!! », assume le caractère frontal de son propos.
À travers cette tribune, Cyr Adomayakpor défend donc la continuité constitutionnelle et rejette toute recomposition institutionnelle fondée sur une transition. Son intervention ajoute une voix au débat suscité par le mémorandum du 25 août et déplace la controverse sur trois terrains, le droit, la légitimité électorale et la capacité de l’opposition à proposer une alternative politique.
