La forte mobilité des personnes et des marchandises entre le Ghana et le Togo pousse les deux pays à renforcer leur coordination sanitaire à Aflao. Un Groupe technique bilatéral de travail doit améliorer le partage des alertes, la détection précoce des menaces et la réponse aux urgences de santé publique, notamment face au risque d’Ebola.

Chaque jour, la frontière d’Aflao voit circuler un important flux de voyageurs et de marchandises entre les deux pays. Cette mobilité constitue aussi un enjeu pour la surveillance sanitaire, puisqu’une menace détectée d’un côté peut rapidement concerner les populations de l’autre.
Pour réduire ce risque, le Ghana et le Togo ont décidé de renforcer leurs mécanismes de coopération. Le Groupe technique bilatéral de travail mis en place doit rapprocher les services de santé et les équipes présentes aux frontières afin de faciliter la circulation des informations et la coordination des interventions.

L’un des principaux chantiers porte sur l’élaboration d’un protocole conjoint consacré à la préparation et à la réponse face à Ebola. Avec l’appui de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), ce dispositif doit préciser les procédures à suivre lorsqu’une alerte survient. Il couvrira notamment le partage des informations, l’orientation des cas suspects, la coordination du dépistage et la recherche des contacts de part et d’autre de la frontière.
L’objectif est de limiter les ruptures dans la chaîne de surveillance. Lorsqu’une personne suspecte a récemment franchi la frontière ou lorsqu’un contact doit être suivi dans le pays voisin, les autorités doivent pouvoir transmettre les informations nécessaires et poursuivre les opérations sans délai.

Le dispositif prévoit également un appui matériel aux équipes de santé publique. L’OIM a fourni des équipements ainsi que des supports d’information bilingues destinés aux agents intervenant en première ligne. Ces moyens doivent renforcer leur capacité à identifier rapidement une menace et à engager les premières mesures de réponse.
La coopération concerne ainsi plusieurs niveaux de l’action sanitaire. Elle associe la surveillance, l’échange d’informations, l’orientation des personnes suspectes, le suivi des contacts et la préparation des équipes. Le principe est de rapprocher les procédures nationales là où la mobilité transfrontalière impose une réponse commune.
Le financement de cette initiative est assuré par le gouvernement du Canada. L’Organisation internationale pour les migrations accompagne sa mise en œuvre aux côtés des autorités du Ghana et du Togo.
À Aflao, l’enjeu dépasse donc le seul contrôle des mouvements à la frontière. Il réside dans la capacité des deux systèmes sanitaires à fonctionner de manière coordonnée lorsqu’une alerte apparaît. Une transmission plus rapide des informations et des procédures mieux harmonisées doivent permettre de réduire le temps entre la détection d’une menace et la mise en œuvre de la réponse.
