Les effets du changement climatique pèsent déjà sur les activités économiques et la productivité au Togo. Face à cette pression, les acteurs publics, privés et leurs partenaires cherchent à mieux orienter les entreprises vers les financements et les chaînes de valeur liés à l’action climatique.
Les pertes de productivité attribuées aux effets du changement climatique sont estimées à plus de 26 milliards de FCFA par an, selon les données évoquées lors d’un atelier national organisé du 3 au 5 juin 2026 à Lomé. Pour le Conseil national du patronat du Togo (CNP-Togo), ce coût économique renforce la nécessité de développer des réponses adaptées aux besoins des entreprises.
« Les changements climatiques ne sont plus une menace lointaine, ils font désormais partie de notre quotidien. Leurs impacts sur nos activités économiques et sur la rentabilité des entreprises sont bien réels », a déclaré Thierry AWESSO, vice-président du CNP-Togo. Il appelle à promouvoir des solutions capables de réduire la vulnérabilité des entreprises tout en soutenant leur capacité d’innovation.
L’enjeu ne se limite toutefois pas à la réduction des pertes. Les mutations liées au climat peuvent aussi ouvrir des débouchés pour les entreprises, notamment dans les secteurs exposés aux variations du climat et dans les activités susceptibles de bénéficier de nouveaux mécanismes de financement.
C’est précisément sur ce levier que s’est concentré l’atelier consacré à la validation du Plan de communication intégré pour un secteur privé engagé dans l’action climatique au Togo. Les participants ont également travaillé sur les opportunités liées aux chaînes de valeur climato-sensibles et sur les moyens de mieux faire connaître les possibilités de financement climatique.
Le document validé doit notamment contribuer à rapprocher les entreprises des dispositifs susceptibles de soutenir des investissements plus résilients. L’objectif consiste aussi à mieux définir la place du secteur privé dans les réponses apportées aux risques climatiques.
Pour la représentation de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) au Togo, cette démarche repose sur une implication conjointe des différentes catégories d’acteurs. « Ce plan de communication est le fruit d’un processus participatif associant les acteurs publics, le secteur privé et les partenaires techniques », a indiqué Dr Oyetounde DJIWA, chargé du bureau de la FAO au Togo.
Cette approche vise à faire de la communication un outil d’accompagnement plutôt qu’un simple instrument d’information. Une meilleure connaissance des financements disponibles et des opportunités économiques peut faciliter l’engagement des entreprises dans des activités moins vulnérables aux aléas climatiques.
Les échanges ont aussi permis de mesurer l’évolution de la perception du secteur privé. Afouwa Judith TCHODIE, cheffe Service des Opérations N&Q/GITO, a relevé une prise de conscience croissante des entreprises face aux enjeux climatiques. « À travers cet atelier, le secteur privé a pu déterminer qu’il a aussi un rôle à jouer dans la mise en place des solutions pour résoudre ces enjeux climatiques », a-t-elle souligné.
La démarche place ainsi les entreprises parmi les acteurs de la réponse climatique, aux côtés des pouvoirs publics et des partenaires techniques. Elle doit désormais se traduire par une meilleure circulation de l’information sur les possibilités d’investissement, les mécanismes de financement et les solutions adaptées aux secteurs exposés.
La validation du plan constitue donc un cadre de référence pour renforcer la coopération entre ces différents acteurs. Son efficacité dépendra de sa capacité à rapprocher les orientations climatiques des décisions concrètes des entreprises et des opportunités économiques associées à la transition vers une économie plus résiliente.
