Huit maladies zoonotiques ont été retenues comme prioritaires au terme d’un atelier national organisé selon l’approche « Une Seule Santé ». La sélection doit permettre de mieux concentrer les moyens disponibles sur la prévention, la surveillance et la riposte, alors que certaines de ces maladies ont déjà provoqué des décès humains et des pertes dans les élevages.
La rage figure parmi les risques les plus préoccupants. Les données de la Direction des services vétérinaires font état de 1 131 morsures de chiens recensées en 2025. La même année, 15 cas de rage ont été confirmés chez des chiens et 20 décès humains ont été attribués à la maladie.
Le secteur avicole a lui aussi été confronté à un épisode sanitaire important. Quatre foyers d’influenza aviaire hautement pathogène ont été détectés en 2025, conduisant à l’abattage sanitaire de plus de 4 500 volailles. Ces chiffres illustrent les répercussions possibles des zoonoses sur la santé publique, l’élevage et les moyens d’existence.
Face à la diversité des risques, les autorités sanitaires ont choisi de concentrer leurs efforts sur un nombre limité de maladies. Réunis à Kpalimé, des représentants des secteurs de la santé humaine, de la santé animale et de l’environnement ont procédé à une priorisation fondée sur l’approche « Une Seule Santé », avec l’appui de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
La liste arrêtée comprend la fièvre virale hémorragique, l’anthrax, la rage, la tuberculose zoonotique, l’influenza aviaire hautement pathogène, les coronavirus, la brucellose et le mpox. Leur sélection tient compte de plusieurs critères, notamment la morbidité, la mortalité, les incapacités provoquées ainsi que les répercussions psychosociales, économiques et environnementales.
« Il faut savoir que certaines zoonoses peuvent provoquer des flambées récurrentes, comme la maladie à virus Ebola et la salmonellose. D’autres encore, comme le coronavirus à l’origine de la COVID-19, ont le potentiel de provoquer des pandémies mondiales », a expliqué Dr Nikiema Pessinaba Christelle, Cheffe division de la surveillance intégrée des urgences sanitaires et de la riposte au ministère chargé de la Santé.
Cette démarche répond à une réalité sanitaire qui dépasse la seule prise en charge des patients. Les zoonoses peuvent circuler entre les animaux et les humains et mobiliser simultanément les services vétérinaires, les structures de santé et les acteurs chargés de l’environnement. Leur surveillance suppose donc une circulation rapide de l’information entre ces différents secteurs.
Pour M. OKE Kossi, Chargé d’administration au bureau de la FAO au Togo, la définition d’une liste commune doit justement permettre de mieux utiliser les ressources disponibles. « Face à cette complexité, une approche intégrée et scientifique n’est plus une option. Il urge de disposer d’une liste consensuelle des maladies zoonotiques prioritaires, afin d’orienter les ressources limitées vers les actions de prévention, de surveillance et de contrôle efficaces des zoonoses », a-t-il déclaré.
La priorisation ne signifie toutefois pas que les autres maladies transmissibles entre animaux et humains sont écartées de la surveillance. Elle doit surtout fournir un cadre permettant de cibler les capacités de prévention, de détection précoce et de réponse sur les risques jugés les plus importants.
Avec cette sélection, les autorités disposent désormais d’une base commune pour organiser les actions entre santé humaine, santé animale et environnement. L’objectif affiché est de réduire les conséquences sanitaires et économiques des flambées, tout en renforçant la capacité de réponse aux urgences susceptibles de toucher simultanément les populations et les animaux.
