Le Togo portera à New York la campagne « Correct the Map » lors du débat général de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, programmé du 22 au 26 septembre, puis le 28 septembre 2026. Mandaté par l’Union africaine, le pays cherchera à faire avancer une proposition visant à promouvoir une représentation cartographique plus fidèle aux proportions réelles des continents.
Une carte du monde devenue familière pourrait ainsi se retrouver au centre d’un débat diplomatique. La campagne défendue par le Togo remet en question l’usage largement répandu de la projection de Mercator, conçue au XVIe siècle par le cartographe flamand Gerardus Mercator pour faciliter la navigation maritime.
Cette projection conserve les angles et les formes, mais déforme progressivement les superficies à mesure que l’on se rapproche des pôles. Le Groenland apparaît ainsi visuellement proche de l’Afrique alors que les deux territoires sont très éloignés en superficie. Avec plus de 30 millions de kilomètres carrés, l’Afrique est en réalité près de quatorze fois plus vaste que le Groenland.
C’est cette différence entre perception visuelle et réalité géographique que « Correct the Map » entend mettre en évidence. Le plaidoyer soutient l’adoption de projections alternatives, notamment Equal Earth, développée en 2018 avec pour objectif de restituer plus fidèlement les proportions relatives des continents.
L’initiative ne relève toutefois plus d’un débat strictement technique entre cartographes. L’Union africaine a mandaté le Togo pour porter la question auprès des Nations unies. Cette décision fait suite à une résolution adoptée par l’organisation continentale en septembre 2025, qui encourage ses 55 États membres à abandonner progressivement la projection de Mercator.
Le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, défend cette démarche au nom de la précision géographique. « La taille du continent africain telle que nous la voyons sur le globe est géographiquement inexacte », avait-il déclaré, en appelant à privilégier la « vérité scientifique ».
La campagne est soutenue par des organisations telles qu’Africa No Filter et Speak Up Africa. Ses promoteurs estiment que les représentations cartographiques répétées dans les supports scolaires, médiatiques, institutionnels et numériques contribuent aussi à façonner la perception des territoires.
Le Togo souhaite donc transformer ce plaidoyer en proposition diplomatique. L’objectif affiché est de faire adopter par l’Assemblée générale une résolution invitant les États membres des Nations unies à privilégier des projections qui respectent davantage les superficies réelles.
Le rendez-vous de septembre donnera à cette démarche une tribune multilatérale. Le débat général constitue en effet l’un des principaux moments de la session annuelle de l’Assemblée générale, où les délégations présentent leurs priorités devant la communauté internationale.
La question de la représentation cartographique viendra ainsi s’ajouter à un agenda onusien dominé par de nombreux enjeux internationaux. Pour le Togo, « Correct the Map » constitue surtout une tentative de faire reconnaître, dans les représentations géographiques utilisées à l’échelle mondiale, une réalité physique que les cartes héritées de la projection de Mercator ne permettent pas toujours de percevoir.
