La nouvelle direction de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) engage ses premiers travaux collectifs à Abuja. Sous la conduite de son nouveau président, le Général Birame Diop, les responsables statutaires de la mandature 2026-2030 participent, du 1er au 4 septembre, à une session d’intégration consacrée à l’architecture institutionnelle, aux programmes communautaires et aux priorités régionales.
Cette rencontre intervient au moment où la CEDEAO renouvelle une partie de son équipe dirigeante après l’achèvement du mandat de quatre ans de la précédente direction. Le 31 août, le Général Birame Diop, du Sénégal, a officiellement succédé au Dr Omar Alieu Touray à la présidence de la Commission. Le Nigérian Anthony Ogunjimi a, pour sa part, été désigné vice-président en remplacement de la Togolaise Damtien Tchintchibidja.
La composition de la nouvelle équipe traduit une répartition des responsabilités entre les États membres. Elle comprend notamment Kalilou Sylla, de Côte d’Ivoire, chargé des Services internes, Francess Alghali, de Sierra Leone, aux Affaires politiques, à la paix et à la sécurité, Dehpue Yenpea Zuo, du Liberia, aux Affaires économiques et à l’Agriculture, ainsi qu’Amin Amidu Sulemani, du Ghana, aux Infrastructures, à l’Énergie et à la Numérisation. Le Béninois Nassirou Bako-Arifari reçoit le portefeuille du Développement humain et des Affaires sociales. Carla Maria Borges Bettencourt, du Cabo Verde, devient pour sa part Auditrice générale des institutions de la CEDEAO.

La session d’Abuja vise précisément à donner à cette équipe une lecture commune du mandat qui lui est confié. Pendant quatre jours, les participants examinent les mécanismes de fonctionnement de la Communauté, ses orientations stratégiques et les programmes destinés à traduire ses décisions en actions. L’objectif est de réduire les écarts d’interprétation entre les différentes composantes de la nouvelle administration et de favoriser une conduite coordonnée des dossiers communautaires.
Le programme accorde également une place importante à la compréhension des réalités régionales. Les responsables doivent approfondir leur connaissance des enjeux politiques, économiques, sécuritaires et sociaux qui structurent aujourd’hui l’Afrique de l’Ouest. Cette approche vise à rapprocher la conduite institutionnelle des priorités auxquelles sont confrontés les États et les populations.
La transmission d’expérience constitue un autre volet de la rencontre. L’ancien président de la Commission de la CEDEAO, Mohamed Ibn Chambas, ainsi que l’ancienne commissaire chargée de l’Administration et des Finances, Rahamatu Kady Saccoh, ont été associés aux échanges. Leur intervention doit permettre aux nouveaux responsables de tirer parti de l’expérience accumulée au sein de l’organisation, notamment sur le fonctionnement institutionnel, la coordination des politiques régionales et la conduite des programmes.
Cette phase d’intégration prend une portée particulière alors que la CEDEAO cherche à consolider son action dans plusieurs domaines. L’organisation continue de placer l’intégration régionale, la paix, la sécurité et la prospérité partagée au cœur de son mandat. Son site officiel rappelle qu’elle œuvre depuis 1975 à l’intégration, à la paix et à la prospérité en Afrique de l’Ouest.
La nouvelle équipe est donc appelée à articuler ces objectifs avec des résultats concrets. Le programme d’Abuja insiste sur la nécessité de transformer les orientations communautaires en actions mesurables, avec une attention portée à l’efficacité institutionnelle et à l’impact des politiques conduites au niveau régional.
La prise de fonctions de Birame Diop intervient, elle, dans une période de renouvellement plus large de la gouvernance communautaire. La cérémonie du 31 août avait réuni les responsables entrants et sortants et marqué officiellement la transmission des responsabilités. Les nouveaux dirigeants disposent désormais d’un cadre commun pour aborder leur mandat de quatre ans.
L’enjeu de cette semaine de travail tient ainsi moins à la seule prise de contact entre responsables qu’à la capacité de la nouvelle équipe à construire des méthodes de travail communes. Pour la mandature 2026-2030, la cohérence entre les institutions, la connaissance des programmes communautaires et la traduction des orientations en résultats constituent les premiers repères de l’action de la Commission.
