À New York, le 25 septembre 2026, Ali Mahaman Lamine Zeine a cité le Togo, la Türkiye, le Royaume du Maroc, la Fédération de Russie et la République populaire de Chine parmi les « amis » du Niger, allant jusqu’à les qualifier de « vrais amis ». Au nom du président de la République, Abdourahamane Tchiani, il leur a adressé « toute notre gratitude ». La déclaration figure dans un passage consacré aux relations extérieures de Niamey et à la volonté du Niger de choisir librement ses partenaires.
La référence au Togo prend une portée particulière au regard de la place occupée par Lomé dans les échanges avec les autorités nigériennes depuis la rupture provoquée par le coup d’État de juillet 2023. Le 6 novembre de la même année, les autorités de transition nigériennes avaient officiellement sollicité la facilitation de Faure Gnassingbé dans leur dialogue avec la communauté internationale. Un Groupe de soutien à la transition du Niger devait alors réunir les deux pays sous l’égide de l’Alliance politique africaine, avec pour mission de faciliter les discussions entre Niamey et ses interlocuteurs extérieurs.
Quelques semaines plus tard, la CEDEAO a elle-même associé Faure Gnassingbé au dispositif de dialogue avec les autorités nigériennes. Le 10 décembre 2023, l’organisation régionale a constitué un comité de chefs d’État comprenant les dirigeants du Togo et de la Sierra Leone ainsi que des représentants du Nigeria et du Bénin, chargé d’engager des discussions avec le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie et les autres parties prenantes nigériennes.
La fonction de facilitation a pris une dimension plus large en juillet 2024. Réunie à Abuja, la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO a sollicité Faure Gnassingbé, aux côtés du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, pour faciliter les concertations avec le Burkina Faso, le Mali et le Niger, alors engagés dans leur retrait de l’organisation régionale et dans la construction de l’Alliance des États du Sahel.
Cette position a donné au Togo un canal de dialogue avec des autorités sahéliennes dont les relations avec plusieurs institutions régionales s’étaient fortement dégradées. Elle repose aussi sur une approche diplomatique qui a privilégié le maintien des échanges avec Niamey. En novembre 2023, les autorités togolaises avaient accepté d’accompagner le Niger dans son dialogue avec la communauté internationale et avaient été désignées comme garantes, avec les États-Unis, du retrait des forces françaises du pays.
À la tribune des Nations unies, Lamine Zeine a parallèlement réaffirmé la centralité de l’AES dans la politique régionale de Niamey. Le Premier ministre a présenté la Confédération comme un espace de solidarité politique et sécuritaire et a défendu une conception des relations internationales fondée, selon ses termes, sur « la coopération, la dignité, la souveraineté et le respect mutuel ».
Il faut noter que le Togo poursuit son engagement dans les dossiers de paix du continent. Faure Gnassingbé exerce depuis 2025 la fonction de médiateur de l’Union africaine dans la crise des Grands Lacs, avec un collège de facilitateurs chargé de l’accompagner dans les consultations avec les différentes parties. Cette mission est distincte du dossier sahélien, mais elle prolonge l’implication diplomatique du Président du Conseil togolais dans les mécanismes africains de dialogue et de médiation.
