La 11e réunion annuelle des Réseaux régionaux de santé animale de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) se tiendra du 6 au 8 octobre à Lomé. Les travaux réunissent les acteurs chargés de la surveillance épidémiologique, des laboratoires vétérinaires et des services vétérinaires autour d’un dispositif qui doit permettre aux pays de mieux prévenir et contenir les maladies animales qui circulent au-delà des frontières.
La rencontre prend place dans un système régional construit depuis plusieurs années autour de trois réseaux complémentaires. Le Réseau d’épidémiosurveillance (RESEPI), le Réseau de laboratoires vétérinaires (RESOLAB) et le Comité vétérinaire régional constituent les principaux cadres techniques mobilisés par la CEDEAO en matière de santé animale. Le Centre régional de santé animale (CRSA), établi comme entité technique spécialisée de la Communauté en 2012, assure la coordination de ces mécanismes.
L’intérêt de ces échanges tient d’abord à la circulation des informations sanitaires. Lors de la réunion annuelle tenue au Cap-Vert en 2022, les experts avaient examiné la situation épidémiologique de plusieurs maladies prioritaires, dont la peste des petits ruminants, la péripneumonie contagieuse bovine, la rage et la fièvre aphteuse. Les travaux avaient aussi porté sur les capacités des services vétérinaires en matière de systèmes d’information géographique, de cartographie et de partage des données.
Cette coopération répond à une réalité particulière de l’élevage ouest-africain. Les troupeaux se déplacent entre territoires nationaux et les échanges commerciaux d’animaux et de produits d’origine animale traversent les mêmes frontières. Une maladie détectée dans un pays peut donc rapidement concerner plusieurs autres systèmes d’élevage. La surveillance ne peut dès lors reposer uniquement sur les dispositifs nationaux.
Les précédentes réunions montrent aussi l’évolution des priorités. La 10e édition, organisée au Nigeria du 11 au 15 novembre 2024, avait été consacrée aux ressources humaines des services vétérinaires. Une étude conduite par le CRSA dans dix États membres avait alors estimé à plus de 4 000 le besoin supplémentaire de vétérinaires dans les services publics, avec un âge moyen du personnel supérieur à 50 ans.
La question des compétences rejoint celle des moyens de surveillance. La CEDEAO indique que ses programmes régionaux portent aussi sur les campagnes de vaccination transfrontalières, l’amélioration de la réglementation sanitaire, la qualité des médicaments vétérinaires, la lutte contre l’antibiorésistance et le développement du capital humain. Le géoréférencement des infrastructures et équipements de santé animale figure lui aussi parmi les axes de travail du dispositif régional.
L’expérience de 2022 fournit un autre indicateur de l’intérêt d’une coordination régulière. Les données présentées lors de la 8e réunion annuelle faisaient état d’une baisse du nombre de foyers recensés pour plusieurs maladies prioritaires par rapport à l’année précédente, avec des diminutions annoncées de 40 % pour la fièvre aphteuse, 13 % pour la peste des petits ruminants et 38 % pour la rage. Les participants avaient alors retenu de nouvelles actions communes pour réduire les risques sanitaires liés aux animaux et à leurs produits.
Les travaux à Lomé s’inscriront dans cette continuité technique. Pour les pays de la région, l’enjeu ne se limite pas au traitement des foyers lorsqu’ils apparaissent. Il concerne la capacité à détecter rapidement une menace, à faire circuler l’information entre services, à confirmer un diagnostic en laboratoire et à coordonner la réponse lorsque plusieurs territoires sont concernés.
