À la 153ᵉ Assemblée de l’Union interparlementaire (UIP), organisée du 5 au 9 octobre 2026 à Arusha, en Tanzanie, Hadja Mémounatou Ibrahima a défendu une gouvernance parlementaire fondée sur la redevabilité, la transparence de l’action publique et l’inclusion des citoyens. La présidente du Parlement de la CEDEAO a insisté sur la nécessité de donner une voix aux groupes sous-représentés, de faire des jeunes des acteurs à part entière des décisions publiques et de renforcer la coopération entre les assemblées pour améliorer la réponse des institutions aux préoccupations des populations.
« Aucun parlement ne peut agir seul. » Pour Hadja Mémounatou Ibrahima, la coopération entre assemblées est indispensable au renforcement des institutions. La diplomatie parlementaire doit favoriser le partage des bonnes pratiques et l’apprentissage mutuel, afin que les parlements gagnent en efficacité et répondent davantage aux attentes des populations. Elle a souhaité que les travaux débouchent sur des parlements « plus attentifs, plus inclusifs et plus efficaces ».

Cette ambition repose d’abord sur la capacité des élus à demander des comptes aux gouvernants. « Pour la traduire en actes, la redevabilité est essentielle », a-t-elle souligné. La législation, le contrôle budgétaire et la surveillance de l’action publique constituent, à ses yeux, des leviers pour garantir la transparence dans la gestion des ressources publiques et vérifier le respect des engagements pris par les gouvernements et les institutions.
Au sein du Parlement de la CEDEAO, la Commission des comptes publics et de l’audit examine les rapports annuels d’audit des organes et institutions communautaires. La Commission de l’administration, des finances et du budget suit, pour sa part, la gestion administrative et financière de l’institution ainsi que l’exécution de son budget.
La gouvernance ne saurait toutefois se limiter au contrôle des comptes. « La gouvernance se mesure par sa capacité à servir les citoyens, à autonomiser les communautés et à ouvrir à chacun des perspectives de prospérité », a déclaré la présidente. Elle appelle les institutions à apporter des réponses aux conflits, aux inégalités, aux changements climatiques, à l’insécurité, au terrorisme et au chômage des jeunes. Cette approche rejoint l’Objectif de développement durable n° 16 de l’Agenda 2030 des Nations unies, consacré à la paix, à la justice et à l’efficacité des institutions.
La participation citoyenne occupe une place centrale dans son plaidoyer. « La gouvernance participative et inclusive n’a de sens que si chacun peut faire entendre sa voix », a-t-elle affirmé. Les femmes, les jeunes, les personnes en situation de handicap et les groupes sous-représentés doivent pouvoir prendre part aux décisions qui les concernent. Pour Hadja Mémounatou Ibrahima, l’inclusion ne peut se réduire à une représentation symbolique au sein des institutions. Elle suppose que les citoyens puissent exprimer leurs préoccupations et peser sur les choix publics.
La jeunesse mérite, selon elle, une attention particulière. « Sur le continent le plus jeune du monde, notre jeunesse a vocation à être l’architecte de l’avenir », a-t-elle déclaré. Cette place doit se traduire dans les politiques publiques, mais aussi dans les mécanismes de participation et de représentation. Les aspirations des jeunes doivent être prises en compte dans l’élaboration des décisions, au même titre que celles des autres composantes de la société.
Pour rendre cette participation effective, la présidente du Parlement de la CEDEAO préconise des politiques fondées sur des données fiables, l’évaluation des résultats, l’accès à l’information et l’amélioration de la qualité des services publics. Elle a aussi plaidé pour une gouvernance de l’intelligence artificielle « centrée sur l’humain », afin que les choix technologiques restent orientés vers les besoins des populations.
Les travaux d’Arusha ont également porté sur les stratégies parlementaires en faveur des droits et de l’autonomisation des personnes en situation de handicap. À la clôture de l’Assemblée, le 9 octobre, l’Australien Milton Dick a été élu président de l’UIP pour un mandat de trois ans, succédant à la Tanzanienne Tulia Ackson.
