L’intensification des échanges sino-africains pousse les banques du continent à diversifier les mécanismes de règlement des transactions. En se rapprochant du système chinois de paiements transfrontaliers CIPS, Ecobank entend faciliter les paiements en renminbi et réduire certains coûts liés au commerce avec la Chine.
Le protocole d’accord a été signé le 10 octobre 2026 à Pékin, en marge de la visite officielle en Chine du président du Conseil togolais, Faure Essozimna Gnassingbé. Pour Ecobank Transnational Incorporated (ETI), cette coopération doit renforcer les connexions entre son réseau bancaire africain et l’infrastructure chinoise de compensation des paiements.
L’enjeu est considérable. Les échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique ont atteint 348 milliards de dollars en 2025, tandis que les paiements transfrontaliers en renminbi ne représentaient que 8,4 % des échanges en 2024. Pour les entreprises africaines qui importent de Chine, le règlement direct en yuan pourrait limiter certaines conversions par le dollar, réduire les frais d’intermédiation et accélérer les transferts.
Ecobank rejoint ainsi des institutions comme Standard Bank et Afreximbank, déjà engagées dans le développement des transactions en monnaie chinoise. Grâce à son implantation dans de nombreux marchés africains, le groupe basé à Lomé pourrait élargir l’accès à ces mécanismes, notamment auprès des entreprises des pays francophones.
Cette évolution ne signifie pas pour autant que le yuan remplacera rapidement le dollar, qui demeure central dans les échanges internationaux et le commerce des matières premières. Pour Ecobank, l’enjeu consiste surtout à proposer davantage d’options de paiement aux entreprises commerçant avec la Chine et à rendre leurs opérations moins coûteuses et plus fluides.
