Première économie provinciale de Chine depuis trente-sept ans, le Guangdong veut ouvrir une relation directe entre ses opérateurs portuaires et ceux de Lomé, premier port à conteneurs d’Afrique subsaharienne.

Faure Gnassingbé a refermé vendredi 16 octobre à Shenzhen son séjour officiel en Chine. Le président du Conseil togolais l’avait ouvert le 9 octobre à l’invitation du Premier ministre Li Qiang. Pékin a présenté ce déplacement comme son septième en Chine, avec des escales annoncées dans les provinces du Shaanxi, du Fujian et du Guangdong.
Le Guangdong avance des chiffres qui pèsent dans la discussion. Son PIB a atteint 14 580 milliards de yuans en 2025, soit environ 2 100 milliards de dollars, et ses échanges de marchandises avec l’étranger ont totalisé 9 500 milliards de yuans, soit 24,1 % de la hausse du commerce extérieur chinois. Ces données figurent dans le rapport que Meng Fanli a présenté en janvier devant l’Assemblée populaire provinciale. Le gouverneur y fixait aussi pour 2026, première année du 15e plan quinquennal, un objectif de croissance de 4,5 % à 5 %.

Face à Faure Gnassingbé, Meng Fanli a rangé le port parmi les principaux axes de coopération. Il propose de rapprocher le Port autonome de Lomé (PAL) des acteurs portuaires de sa province, afin de consolider les liaisons maritimes, d’accroître les flux de marchandises et de développer des activités logistiques. Agriculture, pêche, tourisme, formation professionnelle, transfert de technologie et échanges universitaires complètent la liste des domaines retenus.
Le PAL a traité 2,4 millions d’équivalents vingt pieds (EVP) en 2025, contre 2,06 millions un an plus tôt, soit 16 % de plus, selon le classement 2026 de Lloyd’s List, qui lui attribue le cinquième rang africain. Le transbordement alimente cette activité, au service du golfe de Guinée et des pays de l’hinterland. Le dragage de 2025 a porté le chenal à 18,60 mètres de profondeur et le bassin terminal à 17,60 mètres, ce qui permet d’accueillir des porte-conteneurs de 19 000 à 24 000 EVP.

Le financement de ce dragage est en partie chinois. Les travaux du Lomé Container Terminal, achevés en septembre 2025 plus tôt que prévu, ont été cofinancés par MSC, via Terminal Investment Limited, et par China Merchants Port Holding. La capacité annuelle du terminal doit atteindre 2,5 millions d’EVP.
Depuis le 1er mai, Pékin applique un droit de douane nul aux produits de 53 pays africains, dont le Togo. Les échanges entre la Chine et le continent ont atteint 348,05 milliards de dollars en 2025, en hausse de 17,7 % selon l’administration chinoise des douanes.

Le président du Conseil a justifié le choix de Shenzhen pour clore le voyage par l’intérêt du Togo pour le dynamisme industriel et technologique de la ville. Il a situé la visite dans un partenariat qu’il dit fondé sur la confiance mutuelle et une vision de long terme. La coopération entre collectivités a aussi nourri les échanges, autour du jumelage conclu en 1996 entre Shenzhen et Lomé, que le ministère chinois des Affaires étrangères mentionne dans sa présentation des relations bilatérales.
