Le Togo prépare l’intégration de la budgétisation sensible au dividende démographique (BSDD) dans son projet de loi de finances 2027. Cette approche doit permettre d’apprécier les effets des crédits publics sur le développement humain et l’activité économique, dans un pays où la jeunesse représente une part importante de la population.
La préparation de cette réforme repose sur un travail engagé plusieurs mois avant l’élaboration du prochain budget. En juillet 2026, le ministère des Finances et du Budget, avec l’appui de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) et du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), avait organisé un atelier technique consacré à l’intégration de la BSDD dans les documents budgétaires. Les travaux d’octobre ont porté sur la finalisation des notes destinées à accompagner le projet de loi de finances 2027.
L’approche consiste à examiner les dépenses publiques selon quatre fonctions : le capital humain, la structure de l’économie, les réseaux professionnels et sociaux, ainsi que la gouvernance. Cette classification doit aider les administrations à déterminer à quelles composantes du développement démographique contribuent les crédits qu’elles sollicitent. Elle doit aussi éclairer la programmation des dépenses et le suivi des résultats attendus, plutôt que se limiter à une répartition comptable entre ministères.
Les premiers éléments chiffrés permettent déjà d’observer la répartition des ressources concernées. Selon le Budget citoyen 2026 du ministère des Finances et du Budget, la phase pilote couvre cinq ministères, chargés de la santé, de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur, du développement à la base et de la fonction publique, ainsi que l’Assemblée nationale. Sur les crédits de ces entités, 316,6 milliards de francs CFA sont associés au capital humain, soit 78,2 % de leur enveloppe cumulée. Les fonctions liées aux réseaux professionnels et sociaux représentent 11 %, celles relatives à la structure de l’économie 7,9 % et la gouvernance 3 %.
Cette répartition constitue une première lecture des allocations, non une mesure directe de leur efficacité. Pour savoir si les crédits produisent les effets recherchés, il faut pouvoir les rapprocher de résultats observables, comme l’accès aux soins, les acquis scolaires, l’insertion professionnelle ou l’amélioration des services publics. La qualité des données et la capacité des administrations à suivre les programmes seront donc déterminantes pour donner une portée concrète à cette méthode.
Le budget de l’État pour 2026 s’équilibre à 2 751,5 milliards de francs CFA. Les dépenses consacrées à l’inclusion et au capital humain représentent 669 milliards, soit près de 48 % du total, selon les chiffres du ministère. La préparation du budget 2027 doit désormais préciser comment la BSDD sera intégrée aux documents de programmation et de performance des ministères, puis utilisée pour éclairer les arbitrages budgétaires.
