Trois semaines. C’est le dernier délai accordé aux occupants du domaine public maritime pour démonter volontairement leurs installations avant le lancement des opérations de libération des emprises. Annoncée par le Comité ad hoc de lutte contre l’occupation anarchique du domaine public dans le Grand Lomé et les communes littorales de la préfecture des Lacs, cette décision met un terme à plus d’une année de concertations et de reports successifs.
Réuni face à la presse le 31 juillet, le Comité a confirmé que le moratoire prendra fin le 30 août 2026. Passé cette échéance, les occupants concernés ne bénéficieront d’aucune nouvelle prorogation. L’objectif affiché est de restaurer l’intégrité du domaine public maritime, dont l’occupation irrégulière s’est progressivement étendue au fil des années.
La présidente du Comité ad hoc et gouverneur du District autonome du Grand Lomé (DAGL), Zouréhatou Kassah-Traoré, a rappelé que cette opération répond à des impératifs juridiques, environnementaux et de sécurité. « Le domaine public constitue un patrimoine collectif. Il appartient à tous et ne saurait, par conséquent, faire l’objet d’une appropriation privative en dehors des conditions prévues par les textes en vigueur », a-t-elle déclaré.
Selon les autorités, l’occupation de ces espaces fragilise le littoral, accélère la dégradation des écosystèmes côtiers et accroît l’exposition des populations aux risques liés à l’érosion marine. Le Togo dispose d’un littoral d’environ 50 kilomètres, soumis depuis plusieurs décennies aux effets conjugués de l’érosion, de l’urbanisation et de la pression exercée sur les espaces côtiers. Plusieurs programmes de protection du trait de côte ont déjà été engagés avec l’appui de partenaires techniques et financiers afin de limiter le recul du rivage et de préserver les infrastructures ainsi que les zones habitées.
Le Comité souligne que cette décision est l’aboutissement d’un processus de dialogue engagé depuis plus d’un an avec les exploitants installés sur le domaine public maritime, notamment les tenanciers de bars et d’espaces de loisirs. À leur demande, un premier délai avait été accordé avant qu’un calendrier fixe la libération des lieux au 28 février 2026. Cette échéance a ensuite été repoussée au 31 mars, puis au 30 juin, après plusieurs échanges avec les autorités.
À l’expiration de ce dernier délai, les représentants des exploitants ont sollicité un nouveau report jusqu’au 4 janvier 2027. Cette requête a été rejetée. « Accéder à cette demande aurait consisté à pérenniser une situation d’illégalité au détriment direct de l’intérêt général », a expliqué Zouréhatou Kassah-Traoré.
L’opération sera conduite en deux phases. La première portera sur la libération et l’assainissement des emprises du littoral dans les préfectures du Golfe et des Lacs. La seconde concernera le retrait des occupations irrégulières des trottoirs, des emprises routières ainsi que des voies bitumées ou pavées dans les treize communes du Grand Lomé.
Les autorités présentent cette démarche comme un levier de réorganisation de l’espace urbain et de préservation du patrimoine public. Le délai fixé au 30 août constitue désormais la dernière période laissée aux occupants pour démonter eux-mêmes leurs installations avant le démarrage des interventions prévues par le Comité ad hoc.
