La première rentrée académique de l’Université de Datcha se prépare dans la région des Plateaux avec une orientation qui dépasse l’élargissement de la carte universitaire. Pour sa première promotion, l’établissement public mise sur des formations étroitement liées aux besoins de l’économie, de l’agriculture, de l’environnement, des technologies et de la gestion des territoires. Une orientation qui rejoint la vision portée par le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, qui fait du développement des compétences et de l’insertion professionnelle des jeunes des leviers de la transformation du pays.
Dans son adresse à la Nation du 27 avril 2026, le Président du Conseil a placé la formation des jeunes parmi les conditions de la transformation économique du Togo. « Transformer, c’est aussi investir dans les bonnes compétences », avait-il déclaré, en appelant à former les jeunes aux métiers dont l’économie a besoin et à faire en sorte que les formations puissent conduire à des emplois décents et durables dans l’agriculture, l’industrie et les services.
L’Université de Datcha traduit cette orientation dans son offre académique. Pour l’année 2026-2027, trois composantes structurent les premières formations, la Faculté des Sciences Économiques, Sociales et du Territoire (FaSEST), l’Institut des Sciences Agronomiques et Environnementales (ISAE) et l’Institut des Sciences Technologiques et de l’Innovation (ISTI).
À l’ISTI, les premiers parcours portent sur l’instrumentation et la maintenance biomédicale, les agroéquipements et écotechnologies, ainsi que les sciences et technologies nucléaires. L’ISAE concentre son offre sur des secteurs directement liés à la production et à la gestion durable des ressources, avec l’agroécologie et les productions végétales résilientes, l’élevage et la gestion durable des pâturages, la mécanisation agricole, l’agrobusiness et la sylviculture.
La FaSEST complète ce dispositif avec des formations consacrées notamment à la gestion des structures de santé, à la gouvernance et à la sécurité foncière, à l’intelligence territoriale et à la Geodata, à l’analyse économique et à la veille stratégique, ainsi qu’au management stratégique et au suivi-évaluation.
Cette combinaison révèle une conception de l’enseignement supérieur davantage articulée aux transformations économiques et territoriales. Agriculture, mécanisation, environnement, données territoriales, santé, technologies et gestion constituent des champs de compétences qui répondent à des besoins concrets de l’administration, des entreprises et des secteurs productifs.
Cette logique rejoint également les orientations retenues par l’exécutif pour la transformation économique et sociale du pays. Lors du séminaire gouvernemental de Djamdè, en juin 2026, Faure Gnassingbé a insisté sur le développement du capital humain et sur la nécessité de transformer les ambitions nationales en programmes et en résultats concrets. Les travaux ont notamment porté sur les chaînes de valeur agro-industrielles et logistiques, le développement territorial, l’attractivité économique et le renforcement du capital humain.
Le choix des filières de Datcha prend ainsi une dimension territoriale. Implantée dans la région des Plateaux, l’université peut rapprocher l’enseignement supérieur de secteurs qui structurent les économies locales et nationales, notamment l’agriculture, les ressources naturelles, l’environnement et les activités liées aux territoires. Elle élargit parallèlement l’accès à l’enseignement supérieur public au-delà des deux pôles universitaires historiques de Lomé et de Kara.
Pour cette première année, l’Université de Datcha accueille les candidatures des nouveaux bacheliers selon les conditions propres aux différentes composantes. Les dossiers sont reçus du 21 septembre au 9 octobre 2026 à Datcha, au Centre de formation continue de l’Université de Lomé et à la Direction des affaires académiques et de la scolarité de l’Université de Kara. Les résultats de la sélection sont annoncés pour le 23 octobre. La rentrée académique est fixée au 26 octobre, tandis que les enseignements débuteront le 16 novembre.
Avec cette première cohorte, l’enjeu ne se limite donc pas à accueillir de nouveaux étudiants. Il s’agit aussi de construire progressivement un pôle universitaire dont les compétences produites correspondent aux transformations attendues de l’économie togolaise. Dans la vision exprimée par le Président du Conseil, la formation constitue en effet l’un des instruments permettant de transformer le potentiel démographique en capital humain, puis ce capital humain en capacités productives.
L’Université de Datcha arrive ainsi au moment où le Togo cherche à renforcer ses compétences dans des domaines directement associés à ses priorités économiques et territoriales. Ses premières formations donnent une traduction concrète à cette ambition en rapprochant les parcours universitaires des métiers, des technologies et des secteurs appelés à participer à la transformation du pays.
