Le tourisme togolais dispose désormais d’une base chiffrée qui permet de mesurer plus précisément l’évolution du secteur. Plus de 500 000 arrivées ont été enregistrées en 2024, tandis que le répertoire national des établissements touristiques agréés recense 685 structures, dont 213 hôtels. Les autorités préparent désormais une stratégie orientée vers la qualité des services, la diversification de l’offre, le numérique et l’exploitation des données d’ici à 2030.
À l’occasion de la Journée mondiale du tourisme, célébrée le 27 septembre, Isaac Tchiakpe, ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, a présenté les principales orientations retenues pour consolider cette progression. Le nombre de visiteurs ne constitue plus, à lui seul, le principal indicateur recherché. La politique publique vise aussi à prolonger la durée des séjours, accroître les dépenses touristiques et mieux répartir les revenus générés dans les territoires.
Le réseau d’hébergement constitue l’un des premiers leviers de cette évolution. Sur les 685 établissements agréés recensés au niveau national figurent 213 hôtels, 66 auberges et 53 établissements d’hébergement assimilés. Ces capacités doivent accompagner l’évolution de la demande tout en répondant à l’exigence d’amélioration de la qualité des prestations.
Le numérique occupe une place croissante dans cette transformation. Une plateforme de réservation d’hébergement destinée aux grands événements a déjà été mise en place. Elle permet de disposer d’informations actualisées sur les capacités disponibles et de faciliter les réservations. Le dispositif doit progressivement intégrer la promotion numérique de la destination, la cartographie des sites, la réservation en ligne et l’exploitation des données.
L’intelligence artificielle figure aussi parmi les outils envisagés pour mieux connaître les marchés touristiques et adapter les offres aux profils des voyageurs. L’objectif est notamment d’améliorer la visibilité du Togo dans les recherches consacrées aux destinations d’Afrique de l’Ouest et de rendre son offre plus accessible aux visiteurs internationaux.
Cette évolution numérique accompagne une diversification des produits. Le littoral, les paysages de Kpalimé et de l’Atakora, le patrimoine de Koutammakou, les réserves naturelles du Nord, les villes historiques et les manifestations culturelles offrent des possibilités relevant du tourisme culturel, de nature, balnéaire, écologique ou d’affaires.
Les circuits pilotes développés autour des Évala 2026 illustrent cette volonté de transformer certaines manifestations culturelles en produits touristiques structurés. L’objectif affiché est de mieux organiser l’accueil des visiteurs tout en préservant la dimension culturelle et l’authenticité des événements.
Le gouvernement travaille parallèlement à la mise en place d’un Compte satellite du tourisme. Cet instrument statistique doit permettre de mesurer la contribution réelle du secteur à l’économie nationale, notamment en matière de richesse créée, d’emplois, d’investissements et de revenus. Il doit aussi fournir des données susceptibles d’orienter les politiques publiques et les décisions d’investissement.
À l’horizon 2030, cinq axes structurent les orientations annoncées : diversifier les produits touristiques, moderniser les infrastructures et l’accès aux sites, renforcer la marque de destination, exploiter davantage le numérique et les données, puis améliorer les compétences professionnelles et la qualité des services.
Les échéances fixées pour 2027 et 2030 portent ainsi sur la consolidation de la fréquentation, le développement du tourisme intérieur, l’accroissement des investissements privés et l’extension des capacités d’hébergement. La question sera aussi de mesurer la part de cette activité qui se transforme effectivement en emplois, en investissements et en revenus pour les territoires et les communautés qui accueillent les visiteurs.
