L’ancien président Umaro Sissoco Embaló, qui avait annoncé son retour au pays pour participer à la prochaine présidentielle, se heurte à une interdiction décidée par le pouvoir militaire. Les autorités invoquent l’absence de conditions de sécurité suffisantes, alors que le cadre électoral de la transition vient lui-même d’être profondément remanié.
Le Haut Commandement militaire pour la restauration de la sécurité nationale et de l’ordre public a décidé, le 1er octobre, de ne pas autoriser le retour d’Umaro Sissoco Embaló sur le territoire bissau-guinéen. Réuni pour examiner la situation politique, sociale et sécuritaire, l’organe militaire estime que les conditions nécessaires à son retour ne sont pas réunies. La décision est officiellement justifiée par la sécurité nationale, la préservation de l’ordre public et la prévention de troubles susceptibles d’affecter la stabilité sociale.
Le calendrier donne à cette décision une portée particulière. Destitué lors de la prise de pouvoir militaire du 26 novembre 2025, quelques jours après le scrutin présidentiel et législatif du 23 novembre, Embaló vit depuis lors hors du pays. Il avait annoncé son intention de revenir le 4 octobre et de se présenter à l’élection présidentielle fixée au 6 décembre.
Son retour se heurte toutefois à un cadre institutionnel qui a changé depuis son départ. Le référendum constitutionnel du 30 août a approuvé une nouvelle Constitution qui renforce les prérogatives présidentielles, réduit le nombre de sièges parlementaires de 102 à 65 et modifie plusieurs règles électorales. Parmi les nouvelles conditions figure l’obligation, pour les candidats à la présidence, d’avoir résidé continûment en Guinée-Bissau pendant les cinq années précédant l’élection. Reuters souligne que l’effet de cette disposition sur une éventuelle candidature d’Embaló reste incertain.
Le pouvoir militaire maintient par ailleurs les restrictions instaurées depuis le début de la transition concernant les manifestations, les rassemblements et les réunions à caractère politique. Toute désobéissance aux mesures en vigueur est placée sous la responsabilité de son auteur, selon le communiqué du Haut Commandement.
Il sied de rappeler que la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) avait demandé, après le coup de novembre 2025, le rétablissement de l’ordre constitutionnel et le respect du droit de tous les acteurs politiques à participer librement au processus. L’Union africaine avait, de son côté, condamné la prise de pouvoir militaire et exigé la poursuite du processus électoral interrompu.
Le scrutin du 6 décembre doit réunir les élections présidentielle et législatives et est présenté par les autorités de transition comme le rendez-vous destiné à restaurer un pouvoir civil. Pour l’heure, le Haut Commandement n’a annoncé aucune modification de cette échéance malgré l’interdiction de retour visant Embaló.
