La nouvelle équipe dirigeante de la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a été élue le 13 octobre 2026 à Abuja, quelques jours après l’installation de cinq nouveaux magistrats. Son mandat s’ouvre avec la mise en œuvre du plan stratégique 2026-2030, qui place l’accès à la justice, l’efficacité judiciaire et la confiance du public parmi les priorités de l’institution.
La magistrate libérienne Charlyne M. Brumskine accède à la présidence de la juridiction communautaire, tandis que le Béninois Désiré Henri Aihou en devient le vice-président. Ils succèdent à une équipe dont le mandat est arrivé à son terme. Leur désignation intervient après la prestation de serment des cinq nouveaux juges, organisée le 6 octobre au siège de la Commission de la CEDEAO, en présence du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, président en exercice de l’organisation régionale.

Le renouvellement concerne un collège composé de magistrats issus de cinq pays. Outre la présidente et son vice-président, la Cour compte la Gambienne Awa Bah, la Nigériane Henrietta Uzoamaka Didigu et le Togolais Yaouza Ouro-Sama. Nommés pour quatre ans, sans possibilité de renouvellement, les cinq juges exerceront leurs fonctions jusqu’en 2030. La présidence et la vice-présidence sont, quant à elles, attribuées pour deux ans.
La nouvelle direction devra conduire les activités judiciaires et institutionnelles de la Cour, chargée de veiller à l’application du droit communautaire dans les limites de ses compétences et d’examiner les requêtes relatives aux violations présumées des droits humains. Son travail s’inscrit dans le cadre du plan stratégique 2026-2030, intitulé « Justice 2030 », qui prévoit de faciliter l’accès à la justice, d’améliorer l’efficacité de l’institution et de consolider la confiance des populations dans la juridiction régionale.

L’installation du nouveau collège intervient alors que la CEDEAO fait face aux conséquences du retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger, devenu effectif en janvier 2025. Cette évolution a modifié le périmètre politique de l’organisation et soulevé des questions sur la portée de ses mécanismes communautaires pour les ressortissants des trois pays. La nouvelle équipe prend ainsi ses fonctions dans un environnement régional où l’accès aux voies de recours et la portée de la justice communautaire demeurent des questions sensibles.
