C’est une avancée majeure dans la lutte contre la fièvre de Lassa en Afrique de l’Ouest. Les premiers participants ont été vaccinés ce 14 octobre 2026 au Ghana, avec le candidat-vaccin expérimental développé par l’Université d’Oxford. L’étude est menée au Centre de recherche en santé de Kintampo (KHRC), dans le centre du pays.
Ce nouvel essai clinique vise à évaluer la sécurité du candidat-vaccin ChAdOx1 LassaJ et la réponse immunitaire qu’il induit. Au total, 51 adultes en bonne santé, âgés de 18 à 55 ans, seront recrutés. Il s’agit de la deuxième phase de l’étude après un premier essai similaire actuellement en cours à Oxford, au Royaume-Uni. Les deux essais sont soutenus par la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI).
Pour les investigateurs, le choix du Ghana est stratégique. Découverte pour la première fois en 1969 à Lassa au Nigeria, la fièvre de Lassa est une fièvre hémorragique virale potentiellement mortelle. Elle se transmet par contact avec des aliments ou objets contaminés par l’urine ou les excréments de rats Mastomys infectés. Si le Ghana n’est pas en épidémie actuellement, la menace est permanente.
« La fièvre de Lassa ne provoque peut-être pas actuellement d’épidémie au Ghana, mais elle est présente dans des pays comme le Nigéria, et les Ghanéens et les Nigérians entretiennent des échanges et franchissent quotidiennement la frontière. Cela rend cette étude particulièrement importante », a expliqué le Professeur Kwaku Poku Asante, directeur du KHRC et investigateur de l’essai.
Une urgence partagée par la CEPI. « Plus de 50 ans après l’identification de la fièvre de Lassa, les communautés d’Afrique de l’Ouest attendent toujours un vaccin homologué », a déclaré la Dre Katrin Ramsauer, responsable du programme fièvre de Lassa à la CEPI. « Le lancement de cet essai au Ghana constitue une étape importante pour changer cette situation, tout en contribuant à renforcer davantage les capacités de recherche en Afrique de l’Ouest. »
À ce jour, aucun vaccin contre la fièvre de Lassa n’est homologué, alors que la maladie touche chaque année des centaines de milliers de personnes en Afrique de l’Ouest. Selon des travaux de modélisation financés par la CEPI, l’introduction d’un vaccin sûr et efficace dans la région pourrait sauver près de 3 300 vies en dix ans et éviter jusqu’à 128 millions de dollars de coûts pour la société.
