Le président de l’Assemblée nationale a rejeté toute pression sur les députés dans l’examen du budget rectificatif. À la demande du gouvernement, le texte a finalement été renvoyé en commission pour permettre de nouvelles discussions, après le rejet du projet par la commission des finances.
Le bras de fer autour de la loi de finances rectificative (LFR) pour 2026 se poursuit au Sénégal. Mardi 27 octobre, à l’ouverture de la séance plénière consacrée au texte, Ousmane Sonko a défendu la liberté de décision des parlementaires, alors que les tensions entre l’Exécutif et la majorité de l’Assemblée nationale se sont accentuées ces derniers jours.
« Aucune menace ne va prospérer. Cette loi de finances rectificative, nous la voterons ou la rejetterons sans aucune pression », a déclaré le président de l’institution. Le message intervient après les avertissements du Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Lô, qui avait évoqué les moyens institutionnels à la disposition du gouvernement si le blocage devait persister.
Le désaccord porte sur le projet de budget rectificatif, rejeté le 23 octobre par la commission des finances et du contrôle budgétaire. La majorité parlementaire de Pastef réclame des éclaircissements et des pièces complémentaires sur les ajustements budgétaires proposés. Ousmane Sonko avait déjà annoncé que les députés de son parti ne voteraient pas le texte en l’état, en particulier en raison du désaccord autour d’une proposition relative à l’encadrement des fonds spéciaux.
Mardi, le gouvernement a demandé le renvoi du projet en commission pour approfondir les échanges. Le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, s’est appuyé sur l’article 84 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, qui prévoit cette possibilité au cours de la discussion générale. Il a présenté la démarche comme un moyen de rapprocher les positions et de rechercher un compromis, sans remettre en cause les prérogatives du Parlement.
Ousmane Sonko a accepté la demande et renvoyé le texte devant la commission des finances et du contrôle budgétaire. Il a également convoqué la conférence des présidents afin de fixer la suite du calendrier parlementaire. Le vote sur la LFR n’a donc pas eu lieu mardi.
Ce renvoi ouvre une nouvelle phase de négociation entre les deux institutions, sans garantir qu’un accord sera trouvé. Le gouvernement doit répondre aux demandes d’informations formulées par les députés, tandis que la majorité parlementaire maintient ses réserves sur le texte. Le prochain calendrier des travaux doit permettre de déterminer si les discussions suffiront à débloquer son examen.
