Le Président du Conseil togolais Faure Gnassingbé a pris la parole ce vendredi 19 décembre 2025 lors du Sommet de la Diaspora organisé à Accra au Ghana. Son intervention visait à redéfinir les relations entre le continent et ses ressortissants établis hors de ses frontières.
Le dirigeant togolais a exposé sa vision d’un continent qui abandonnerait sa position périphérique dans les rapports mondiaux. Pour y parvenir, l’Afrique devrait renouer avec son histoire, ses populations et les communautés africaines dispersées à travers le globe. Cette reconnexion pourrait donner naissance à une dynamique civilisationnelle fondée sur l’unité et des objectifs partagés.
Faure Gnassingbé a présenté la diaspora comme un élément stratégique du développement africain. Loin d’être une entité séparée, elle forme un prolongement réel du continent sur les plans politique, économique et intellectuel. L’avenir de l’Afrique se façonne simultanément à Lomé, Kigali, Accra, mais également à New York, Londres, Kingston ou São Paulo.
Cette population disséminée contrôle des réseaux d’influence considérables dans plusieurs secteurs clés. La finance, les technologies, la culture, la diplomatie et les médias comptent parmi ses domaines d’expertise. Les richesses et innovations produites par ces communautés surpassent régulièrement les volumes de l’aide internationale classique.
Le président du Conseil togolais a proposé d’intégrer pleinement cette dimension diasporique dans les politiques de réparation. Parmi ses suggestions figurent la création de fonds communs Afrique-diaspora, l’établissement d’un cadre juridique adapté, la facilitation des flux d’investissement et la reconnaissance des savoirs culturels et scientifiques détenus par ces populations.
Il a formulé un avertissement clair : toute stratégie de souveraineté financière, culturelle ou numérique échouera sans la mobilisation de la diaspora. Le continent ne peut se permettre d’ignorer cette ressource humaine répartie dans le monde entier.
Le chef du gouvernement togolais a ensuite évoqué la notion de guérison collective. Il l’a qualifiée de nécessité politique plutôt que de simple devoir moral. L’esclavage et la colonisation ont produit des traumatismes profonds qui continuent de se transmettre d’une génération à l’autre.
Ce processus de réparation implique de reconstruire la confiance à plusieurs niveaux : entre les peuples africains, entre l’Afrique et sa diaspora, puis entre le continent et le reste de la planète. Gnassingbé a encouragé les Africains à se réapproprier leurs narrations historiques, à documenter leur passé selon leur propre angle de vue et à enseigner aux jeunes la tradition africaine de résistance et de renaissance.
Cette guérison constitue une source de puissance, a-t-il précisé. L’absence de justice empêche la stabilité, qui elle-même conditionne toute perspective de développement durable.
Le président du Conseil a terminé son discours en exhortant les institutions africaines, notamment l’Union africaine, à adopter une voix unique. Il a appelé à l’affirmation d’une souveraineté africaine dans les domaines scientifique, numérique, culturel et économique.
Cette déclaration survient alors que plusieurs États africains intensifient leurs efforts pour renforcer les liens avec leurs communautés expatriées. Les transferts financiers vers le continent atteignent des dizaines de milliards de dollars chaque année, dépassant largement les montants de l’aide publique au développement. Ces flux témoignent du potentiel économique que représente cette population pour la transformation du continent.
