Le 31 décembre dernier, à l’occasion des festivités de fin d’année, le Président du Conseil, Son Excellence Monsieur Faure Gnassingbé Essozimna, a accordé sa grâce présidentielle à 1 511 détenus sur l’ensemble du territoire togolais. Cette mesure exceptionnelle concerne aussi bien des détenus de droit commun que des détenus politiques.
Saluer par de nombreux acteurs du monde carcéral et de la société civile, cet acte à forte portée humanitaire s’inscrit dans la volonté des plus hautes autorités du pays de renforcer la cohésion sociale, promouvoir le vivre-ensemble et désengorger les établissements pénitentiaires, tout en plaçant la dignité humaine au cœur de l’action publique.
Une mise en œuvre solennelle à Lomé
À Lomé, la mise en œuvre de cette décision présidentielle s’est déroulée sous la supervision du Directeur de l’administration pénitentiaire et de la réinsertion (DAPR), Monsieur Idrissou Akibou, en présence de plusieurs personnalités administratives et civiles. Étaient notamment présents le Directeur des affaires pénales et des grâces, Monsieur Tossa Amouzou Akohouegnon, le Commandant des surveillants de l’administration pénitentiaire, le Colonel Dadjo Ograbako, ainsi que le Président de l’association Solidarité Mondiale pour les Personnes Démunies et les Détenus (SMPDD), Monsieur Coco de Koffi Woenagnon.
Dans une brève allocution, Monsieur Idrissou Akibou a tenu à saluer l’engagement personnel du Président du Conseil en faveur de l’humanisation du système pénitentiaire togolais. Selon lui, cette grâce présidentielle illustre une volonté constante de répondre de manière concrète aux défis du monde carcéral, en mettant l’accent sur la dignité humaine, la réinsertion sociale et la paix nationale.
Coco de Koffi Woenagnon, symbole d’une réinsertion réussie
L’un des moments les plus marquants de la cérémonie fut l’appel lancé aux détenus libérés à prendre exemple sur un ancien pensionnaire devenu aujourd’hui une référence en matière de réinsertion sociale au Togo. Il s’agit de Monsieur Coco de Koffi Woenagnon, ex-détenu de la prison civile de Lomé, désormais acteur de développement engagé et figure emblématique de la réinsertion réussie.
À travers la SMPDD, qu’il préside, Coco de Koffi Woenagnon œuvre activement à l’accompagnement des ex-détenus vers une autonomie durable, notamment par la formation professionnelle et la mise en place d’activités génératrices de revenus.
Prenant la parole, le Président de la SMPDD a mis en lumière le travail de terrain réalisé depuis l’annonce de la grâce présidentielle :
« Nous avons travaillé dans les quatorze prisons du pays et recensé 535 personnes, dont 250 à Lomé, qui bénéficieront de notre appui pour leur réinsertion professionnelle ou la création d’activités génératrices de revenus », a-t-il précisé.
Dans un message empreint de réalisme et d’espoir, il a rappelé les défis liés à la liberté retrouvée tout en encourageant les bénéficiaires à persévérer :
« Dehors, c’est difficile, mais la prison n’est pas mieux. Il faut croire en soi et accepter de se battre honnêtement pour réussir », a-t-il déclaré.
Il s’est par ailleurs réjoui des efforts consentis par le Président du Conseil pour l’amélioration des conditions de détention et la prise en compte des préoccupations du monde carcéral, estimant que cette grâce présidentielle constitue un signal fort en faveur d’une justice plus humaine et d’une réinsertion sociale effective au Togo.
Des défis structurels toujours d’actualité
Au-delà de la joie et de l’émotion suscitées par ces libérations, la question des défis structurels du système carcéral togolais demeure centrale. Comment mieux valoriser le potentiel et l’énergie de la jeunesse incarcérée ? Comment faire de la prison non pas une fin en soi, mais une étape vers une véritable réintégration sociale et économique ?
Autant d’interrogations qui appellent des réponses durables et concertées, afin que la grâce présidentielle ne soit pas seulement un acte de clémence, mais aussi un levier de transformation sociale et de développement humain.
