Le ministre togolais des Affaires étrangères, Professeur Robert Dussey, a accordé une interview au média allemand Deutsche Welle en marge de la Conférence de Munich sur la sécurité. Il a exposé la vision du Togo concernant les enjeux sécuritaires qui touchent l’Afrique de l’Ouest et la nécessité de maintenir le dialogue avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Le chef de la diplomatie togolaise a clarifié la position de son pays face à la situation sécuritaire régionale. « La position du Togo par rapport aux pays du Sahel est claire : nous soutenons et nous aidons les pays du Sahel », a-t-il déclaré. Cette affirmation témoigne de l’engagement du gouvernement togolais à maintenir des relations de coopération avec les nations sahéliennes malgré les turbulences géopolitiques récentes.
Prof. Robert Dussey a insisté sur l’impératif du dialogue avec le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Ces trois pays ont quitté la CEDEAO en janvier 2025 pour former l’Alliance des États du Sahel. Le ministre togolais estime que la rupture des canaux de communication aggraverait la situation sécuritaire dans l’ensemble de la zone.
Le responsable gouvernemental a souligné les risques d’une propagation du terrorisme vers les États côtiers. « Il faut garder le dialogue avec les pays du Sahel et les aider à dominer le terrorisme, parce que si le terrorisme envahit les pays du Sahel, nous qui sommes les pays côtiers, nous serons victimes du terrorisme », a-t-il averti.
Cette déclaration révèle la conscience aiguë des autorités togolaises face aux menaces sécuritaires. La proximité géographique expose le Togo aux conséquences directes de l’instabilité sahélienne. Les groupes terroristes pourraient étendre leurs activités vers le sud si les pays du Sahel ne parviennent pas à contenir leur expansion.
Le Togo adopte ainsi une approche pragmatique fondée sur la solidarité régionale. Les frontières poreuses et les liens culturels entre les peuples rendent illusoire toute stratégie d’isolement. La sécurité des pays côtiers dépend intrinsèquement de la stabilisation de la bande sahélienne.
La Conférence de Munich sur la sécurité constitue un forum international où se rencontrent dirigeants politiques, experts militaires et décideurs économiques. Cet événement annuel permet d’aborder les grands enjeux sécuritaires mondiaux. La présence du ministre togolais témoigne de l’implication du pays dans les discussions internationales sur la paix et la sécurité.
Le ministre togolais a profité de cette tribune pour porter la voix d’une approche africaine des crises du continent. Les solutions imposées de l’extérieur ont montré leurs limites. Les acteurs régionaux doivent prendre en main leur destin sécuritaire tout en bénéficiant du soutien de la communauté internationale.
Le ministre a plaidé pour une aide concrète aux pays sahéliens dans leur lutte contre le terrorisme. Cette assistance peut prendre plusieurs formes allant du partage de renseignements à l’appui logistique en passant par la formation des forces de sécurité. La coordination régionale renforce l’efficacité des dispositifs nationaux.
