Le Réseau National des Journalistes Indépendants (RENAJI) et le Conseil International pour l’Intelligence Artificielle (CONIIA) ont lancé mercredi 18 février 2026 à Libreville un séminaire de formation destiné aux professionnels des médias gabonais. Cette session de 72 heures se déroule à EM-Gabon jusqu’au 20 février sous le thème « Éthique, innovation et responsabilité éditoriale ».
Aimé Serge Boulingui, président du RENAJI, a ouvert les travaux en présence du représentant du CONIIA, Jérôme Ribeiro. Le responsable gabonais a exprimé sa gratitude aux autorités et aux participants. Il a remercié le Dr. Malick Morris Mouzou, président du CONIIA, pour avoir mobilisé des experts internationaux. Des formateurs venus de France, du Togo et de Tunisie animent cette rencontre.

L’objectif consiste à démystifier l’intelligence artificielle (IA) pour la rendre accessible aux journalistes. Cette technologie ne représente pas seulement une innovation technique. Elle revêt également des enjeux académiques, éthiques et sociaux que les professionnels des médias doivent maîtriser.
Le président du RENAJI a souligné l’importance de cette formation face au risque de décrochage technologique. Les médias publics comme privés doivent maintenir leur compétitivité dans un environnement numérique en constante évolution. « Il s’agit d’un investissement stratégique, à la fois pour le présent et pour l’avenir du journaliste gabonais », a-t-il martelé.

Jérôme Ribeiro a expliqué durant la première journée que le CONIIA démystifie, sensibilise et acculture sur les enjeux de l’intelligence artificielle. Il a utilisé des méthodes pédagogiques théoriques pour offrir aux participants les outils essentiels. Une centaine de journalistes assistaient à cette session d’ouverture accompagnés de nombreux étudiants en journalisme.
Le représentant du CONIIA a lancé un appel aux professionnels présents. « Vous devez être un acteur de l’intelligence artificielle, et non une victime », a-t-il déclaré. Cette phrase résume l’approche proactive que les journalistes doivent adopter face à ces technologies émergentes.

Jérôme Ribeiro a insisté sur la nécessité de créer des intelligences africaines adaptées aux réalités locales. Ces outils doivent refléter les contextes politiques, socio-économiques et culturels de chaque pays. Les statistiques qu’il a partagées interpellent. « Aujourd’hui, c’est seulement 3% des données africaines qui sont sur le sol africain. Il est temps de changer, d’avoir la souveraineté, d’avoir les intelligences africaines qui vous ressemblent et qui répondent à vos besoins », a-t-il poursuivi.
Les participants proviennent de différentes régions du Gabon. Les membres du bureau exécutif du RENAJI de Libreville côtoient leurs collègues des coordinations provinciales. Le Woleu-Ntem représenté par Oyem, l’Ogooué-Ivindo avec Makokou et l’Ogooué-Maritime via Port-Gentil ont envoyé des délégations. Cette diversité géographique garantit une diffusion nationale des connaissances acquises.

Le séminaire vise à imprégner les professionnels des potentialités et des limites de l’IA dans l’exercice de leur métier. Les journalistes doivent comprendre ce que cette technologie peut apporter tout en identifiant ses contraintes. Cette formation équilibrée permettra un usage responsable et efficace des outils disponibles.
Aimé Serge Boulingui a salué la présence des représentants du CONIIA aux assises de la capitale gabonaise. « Le CONIIA a démontré la force d’un partenariat fondé sur la vision, la compétence et la solidarité institutionnelle », a relevé le président du RENAJI. Cette collaboration illustre la volonté de construire des ponts entre les organisations africaines.
Thierry Afane Otsaga, directeur de cabinet du président de l’université privée EM-Gabon, a souligné l’opportunité de ce séminaire. Il réunit des voix autorisées du monde de la communication moderne et des pionniers de l’intelligence artificielle. Le responsable universitaire a posé des questions essentielles sur les défis éthiques. Comment garantir une responsabilité éditoriale irréprochable face à des algorithmes omniprésents ? Comment préserver la vérité, la transparence et l’humanité dans un écosystème médiatique numérisé ?

La première journée a permis aux participants d’appréhender ce qu’est l’IA. Les formateurs ont abordé la géopolitique de l’intelligence artificielle et son économie. La situation particulière de l’IA en Afrique a fait l’objet d’analyses approfondies. Ces bases théoriques préparent les journalistes aux exercices pratiques.
La journée du jeudi 19 février est consacrée aux cas pratiques et à l’utilisation concrète de l’IA dans les médias. Les participants découvriront comment intégrer ces outils dans leur travail quotidien. Cette approche pragmatique complétera les connaissances théoriques acquises lors de l’ouverture.
Le CONIIA milite pour l’essor de l’intelligence artificielle sur le continent africain. L’organisation apporte plusieurs formations dans différents pays pour accompagner les professionnels. Son message est celui qui n’embrasse pas l’innovation technologique sera très bientôt dépassé par celle-ci. Cette formation au Gabon s’inscrit dans cette mission continentale d’appropriation des technologies émergentes par les Africains.
