Le deuxième jour du séminaire tenu à Abuja a porté sur deux thématiques majeures pour l’avenir de l’intégration africaine : la libre circulation des personnes et le contrôle parlementaire dans la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), au sein de l’espace de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
Le premier panel a souligné que la libre circulation et la mobilité de la main-d’œuvre constituent des leviers essentiels du succès de la ZLECAf. Sans reconnaissance mutuelle des qualifications, sans harmonisation des politiques migratoires et sans suppression effective des barrières administratives, l’intégration économique reste inachevée.
Le second thème a mis l’accent sur le rôle du contrôle parlementaire dans l’application des engagements communautaires. Trop souvent, les États ratifient des protocoles sans les intégrer pleinement dans leurs dispositifs législatifs nationaux, créant un décalage entre engagement juridique et réalité pratique.
Pour ma part, j’ai insisté sur six points priorités :
1. Mettre en place des mécanismes de sanctions pour les États qui ratifient sans appliquer ces traités et protocoles;
2. Rendre obligatoire la transposition législative des traités dans des délais précis et réglementaires ;
3. Associer les parlementaires aux commissions de suivi et d’évaluation sur le terrain sur l’application pratique de ces traités.
4. Formation des agents d’immigration aux frontières qui , apparemment méconnaissent les textes et font du zèle par certains endroits.
5.Mettre en place un observatoire doté d’une brigade pour le respect des traités, dispositions et protocoles aux frontières .
6- Mettre en place un système de reconnaissance des diplômes et des compétences au niveau de la CEDEAO et de la ZLECAF
L’intégration africaine ne peut être seulement déclarative. Elle doit être opérationnelle, contrôlée et responsable. La réussite de la ZLECAf dépendra de notre capacité collective à passer de la signature des textes à leur mise en œuvre effective.
Senateur Innocent KAGBARA
