Le Département des affaires politiques, de la paix et de la sécurité de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest a ouvert lundi une consultation thématique de haut niveau à Lagos. Cette rencontre de trois jours se déroule jusqu’au 27 février avec l’ambition de redéfinir l’avenir de la Communauté et de renforcer ses partenariats stratégiques dans un contexte mondial complexe.
Ces partenariats constituent des catalyseurs essentiels pour la réalisation de la Vision 2050 de la CEDEAO. Cette feuille de route souligne la nécessité de disposer de ressources adéquates et complémentaires. La concrétisation de cette vision nécessite une mobilisation efficace des ressources, une coopération stratégique et des financements innovants incluant l’engagement du secteur privé.

Les consultations interviennent dans un contexte marqué par plusieurs mutations géopolitiques. La montée des rivalités géostratégiques redessine les équilibres mondiaux. L’évolution du rôle des institutions de Bretton Woods modifie les mécanismes de financement du développement. La transformation numérique rapide bouleverse les économies et les sociétés.
L’influence croissante et l’utilisation abusive de l’intelligence artificielle posent de nouveaux défis. Les armes autonomes suscitent des préoccupations sécuritaires inédites. La désinformation menace la stabilité démocratique des États. L’Afrique de l’Ouest devient le théâtre d’une concurrence mondiale intensifiée dans ce contexte.
Cet engagement alimente le prochain Sommet spécial sur l’avenir de la Communauté. La plateforme offre aux parties prenantes nationales, régionales et internationales l’occasion d’évaluer de manière critique plusieurs dimensions. La sécurité, la gouvernance, l’intégration économique et les partenariats multilatéraux de la CEDEAO feront l’objet d’examens approfondis. Un dialogue ouvert entre les citoyens et les institutions sera favorisé.

Les résultats des discussions serviront de base à un projet d’accord. Ce document sera adopté par la Conférence des chefs d’État et de gouvernement. Il définira l’orientation stratégique à long terme, les engagements et les mécanismes de mise en œuvre de la CEDEAO. Cet accord guidera les efforts du bloc pour se repositionner avec une plus grande autonomie et une plus grande crédibilité sans s’aligner sur les puissances mondiales concurrentes.
M. Constant Gnacadja, chef par intérim de la Division des affaires politiques régionales, de la médiation et de la coordination, a ouvert la séance. Il s’exprimait au nom du Dr Abdel Fatau-Musáh, commissaire aux affaires politiques, à la paix et à la sécurité, et du Dr Bappah Habib, commissaire aux services internes.
Le responsable a noté que la CEDEAO a jeté des bases solides pour l’intégration régionale au cours des cinq dernières décennies. La consolidation de la paix, la coopération économique et la gouvernance démocratique figurent parmi ses acquis. L’organisation se trouve aujourd’hui à un moment charnière dans un contexte mondial en rapide évolution.
Ces évolutions présentent à la fois des opportunités et des défis pour la réalisation de la Vision 2050. Cette ambition vise à construire une communauté résiliente, centrée sur les personnes, prospère et sûre. Les fondements reposent sur des institutions solides, le respect des libertés fondamentales et un développement inclusif et durable. La Vision aspire à créer une région pleinement intégrée et pacifique capable de relever les défis du XXIe siècle tout en tirant parti des nouvelles opportunités.
M. Gnacadja a souligné que l’avenir des partenariats de la CEDEAO ne réside pas dans le choix d’un camp. La transition doit s’opérer d’un engagement réactif vers une diplomatie proactive. Le passage d’une coopération fragmentée à une architecture de partenariat coordonnée s’impose. Le mouvement de la dépendance vers une interdépendance stratégique guidera cette évolution.
La consultation jettera les bases d’une doctrine de partenariat renouvelée. Cette approche renforcera la souveraineté de la CEDEAO tout en élargissant la collaboration mondiale constructive. Les participants examineront comment préserver l’autonomie décisionnelle tout en bénéficiant des apports extérieurs.
La CEDEAO regroupe actuellement douze États membres après le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger en janvier 2025. Le Bénin, le Cabo Verde, la Côte d’Ivoire, la Gambie, le Ghana, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Liberia, le Nigeria, la Sierra Leone, le Sénégal et le Togo composent cette organisation d’intégration régionale créée le 28 mai 1975 à Lagos.
La Communauté vise à promouvoir l’idéal d’autosuffisance collective de ses États membres. Son PIB combiné s’élève à 734,8 milliards de dollars. Les activités économiques intégrées concernent l’industrie, les transports, les télécommunications, l’énergie, l’agriculture, les ressources naturelles, le commerce et les questions monétaires.
La vision consiste à passer d’une CEDEAO d’États à une CEDEAO des peuples d’ici 2050. Cette transformation placera les 300 millions de citoyens de la communauté au cœur du projet d’intégration. La paix et la prospérité pour tous constituent les objectifs ultimes de cette ambition régionale que les consultations de Lagos contribueront à préciser.
