La Commission nationale des frontières maritimes (CNFM) du Togo a organisé vendredi à Lomé une conférence de presse pour clarifier sa position face à la décision ghanéenne de recourir à l’arbitrage international. Le négociateur en chef togolais, Dammipi Noupokou, accompagné du ministre de l’Administration territoriale, le Colonel Hodabalo Awaté, a révélé l’enjeu central de ce différend maritime qui oppose les deux pays voisins.
Le cœur du litige réside dans la ligne de délimitation proposée. Selon Dammipi Noupokou, la projection initiale issue des calculs techniques aboutirait à priver le Togo d’un accès direct à la haute mer. Cette configuration est jugée inacceptable par Lomé au regard des intérêts stratégiques et économiques du pays. Le port autonome de Lomé, premier hub maritime de l’Afrique de l’Ouest, nécessite un accès garanti aux eaux internationales.
Une zone de rade utilisée par les navires en attente d’accostage constitue le second point de discorde. Les deux parties divergent sur l’interprétation juridique du statut de cette zone portuaire. Cette question technique revêt une importance pratique pour les activités maritimes de la région.

Les négociations bilatérales ont pourtant connu des avancées notables. Entre juin 2018 et décembre 2020, onze sessions de travail se sont déroulées alternativement à Lomé et à Accra. Ces pourparlers ont été engagés après des incidents maritimes survenus entre novembre 2016 et mai 2018 dans l’espace maritime commun.
Les négociateurs ont réussi à s’entendre sur plusieurs aspects techniques. Le point de départ de la frontière maritime a fait l’objet d’un consensus. L’identification de la ligne de base pertinente a également été validée par les deux parties. Une carte de référence commune a été adoptée pour servir de base aux discussions. Ces acquis témoignent de la bonne foi qui animait initialement les pourparlers.
Le blocage est survenu lors de l’application pratique des principes de délimitation. L’ajustement de la ligne théorique a révélé des positions inconciliables. Les discussions devaient se poursuivre après des changements dans la composition de la commission ghanéenne. La notification de la décision d’Accra de saisir une juridiction arbitrale a mis fin à cette phase de dialogue.
Le Colonel Hodabalo Awaté a réagi avec mesure à cette initiative ghanéenne. « Le Togo abordera cette nouvelle étape avec responsabilité, sérénité et fermeté, dans le plein respect de ses droits souverains et de ses intérêts légitimes », a-t-il déclaré. Le ministre a rappelé que cette procédure s’inscrit dans les mécanismes prévus par le droit international. La Charte des Nations Unies et la Convention sur le droit de la mer encouragent le recours aux voies juridiques pour le règlement pacifique des différends.
Dammipi Noupokou s’est montré rassurant sur l’impact diplomatique de cette procédure. Le recours à l’arbitrage, prévu par les textes internationaux, ne devrait pas altérer les relations bilatérales entre les deux pays. Les liens historiques, humains et économiques demeurent solides. Les échanges commerciaux se poursuivent normalement et la coopération dans d’autres secteurs continue.
Le négociateur en chef a souligné la solidité du dossier togolais. Sans dévoiler les arguments juridiques et techniques qui seront soumis aux arbitres, il a affirmé que le Togo dispose d’analyses rigoureusement étayées. La confidentialité reste nécessaire dans cette phase préparatoire de la procédure arbitrale.
Lomé réaffirme son attachement aux principes de souveraineté et d’intégrité territoriale. L’exécution de bonne foi des engagements internationaux guide l’approche togolaise dans ce dossier sensible. Le pays entend défendre fermement ses droits tout en respectant le cadre juridique international.
Cette procédure arbitrale marque un tournant dans le règlement de ce différend qui dure depuis près de huit ans. Les autorités togolaises abordent cette nouvelle phase avec détermination. L’objectif reste de garantir un accès pérenne à la haute mer, condition indispensable au développement des activités maritimes et portuaires nationales.
