Le ministère de l’Énergie a apporté des éclaircissements sur la stratégie énergétique du pays. Les chiffres de 2022 révèlent que 58% des besoins électriques proviennent de l’étranger contre 42% de production nationale. Loin de présenter cette situation comme une faiblesse, les autorités la justifient par une logique d’optimisation économique.
Le Togo s’intègre au West African Power Pool, le système d’échange d’énergie électrique ouest-africain. Cette agence spécialisée de la Cédéao basée à Cotonou vise à créer un marché régional unifié. L’objectif consiste à garantir un approvisionnement régulier, fiable et compétitif pour les populations.
La participation au WAPP repose sur un calcul économique précis. Le pays peut acheter l’énergie là où elle se trouve la moins chère à un instant donné. Cette flexibilité permet de compenser les baisses de production locale. Les variations de disponibilité des centrales nationales se gèrent plus facilement grâce aux importations.
Environ 1 125 gigawattheures ont été injectés dans le réseau togolais via les importations en 2022. Ce volume représente plus de la moitié de la consommation nationale. Trois fournisseurs principaux assurent ces livraisons vers le territoire.
La Communauté Électrique du Bénin constitue un partenaire essentiel. Cette structure binational Togo-Bénin fournit une partie importante de l’électricité consommée. Le Ghana livre également de l’énergie via la Volta River Authority. Le Nigeria complète les approvisionnements à travers la Transmission Company of Nigeria.
La production nationale s’appuie sur plusieurs sources complémentaires. Les centrales thermiques assurent une part significative de la génération électrique. Les installations solaires se développent progressivement sur le territoire. Les centrales hydroélectriques contribuent au mix énergétique national. Ces capacités combinées couvrent 42% des besoins.
« Par l’interconnexion au WAPP, le Togo mise sur une stratégie intelligente. Loin d’être une faiblesse, le recours aux pays voisins est une opportunité économique », souligne le ministère de l’Énergie. Cette position assume ouvertement la dépendance aux importations comme un choix délibéré plutôt qu’une contrainte subie.
Les autorités privilégient l’efficacité économique et la flexibilité opérationnelle. Les prix de l’électricité varient selon les moments et les sources de production disponibles. La possibilité d’arbitrer entre plusieurs fournisseurs permet d’optimiser les coûts d’approvisionnement. Les consommateurs devraient théoriquement bénéficier de tarifs plus compétitifs.
Le ministère reconnaît toutefois la nécessité de développer davantage la production nationale. Cette expansion vise à garantir la souveraineté énergétique du pays. La dépendance excessive aux importations comporte des risques en cas de tensions régionales ou de défaillance des fournisseurs.
Les difficultés rencontrées par le Ghana et le Nigeria dans leur propre production affectent leurs capacités d’exportation. Le Togo subit directement les conséquences de ces défaillances externes. Les coupures d’électricité observées depuis le début de l’année 2026 illustrent cette vulnérabilité.
L’équilibre recherché combine les avantages du marché régional et le renforcement des capacités locales. Les investissements dans les centrales nationales se poursuivent parallèlement à la participation au WAPP. Cette double stratégie cherche à concilier sécurité d’approvisionnement et compétitivité économique.
Les projets de centrales solaires et thermiques annoncés visent à accroître la part de production domestique. La centrale solaire de Blitta, celle de Dapaong dans les Savanes et celle de Sokodé dans la Centrale devraient renforcer le mix énergétique. L’objectif consiste à rééquilibrer progressivement la balance entre production locale et importations.
Le West African Power Pool mutualise les ressources de production à l’échelle régionale. Les interconnexions physiques entre les réseaux nationaux permettent ces flux transfrontaliers. Les accords commerciaux définissent les modalités de vente et d’achat entre les États membres.
La fiabilité de l’approvisionnement dépend de la stabilité de l’ensemble du système régional. Un pays membre en difficulté affecte potentiellement tous les autres. Cette interdépendance justifie l’importance accordée au développement simultané des capacités nationales.
La souveraineté énergétique ne s’obtient pas uniquement par l’autosuffisance selon les autorités togolaises. La diversification des sources et l’accès à un marché régional liquide constituent également des gages de sécurité. Cette vision assume une forme de dépendance maîtrisée plutôt qu’une autonomie totale coûteuse.
