À l’occasion d’un panel consacré à l’adéquation entre la formation et les besoins du marché du travail en Afrique de l’Ouest, Innocent Kagbara a plaidé pour une réforme profonde des systèmes éducatifs afin de renforcer l’employabilité des jeunes et soutenir l’industrialisation de la région.
Dans son intervention, le député togolais a mis en lumière un paradoxe préoccupant : alors que l’Afrique attire de plus en plus d’investissements industriels, la place occupée par la jeunesse africaine dans ces secteurs reste marginale.
Selon lui, cette situation s’explique principalement par une inadéquation persistante entre les formations dispensées dans les établissements d’enseignement supérieur et les compétences recherchées par les entreprises.
« Nous faisons face à un phénomène de chômage instruit. Nous formons des diplômés qui connaissent la théorie, mais qui ne maîtrisent pas toujours les compétences techniques exigées par le marché du travail », a-t-il déclaré.

Pour illustrer ce déséquilibre, l’élu togolais a évoqué la récente décision du groupe Dangote Group au Nigeria de remplacer une partie de ses effectifs par des techniciens expatriés en raison d’un déficit de compétences techniques locales.
Face à cette réalité, Innocent Kagbara estime que l’Afrique de l’Ouest doit opérer un basculement stratégique vers l’enseignement technique et professionnel, longtemps négligé au profit des filières générales.
Il a ainsi proposé plusieurs pistes de réforme, notamment la révision régulière des programmes de formation, l’orientation accrue des étudiants vers les filières techniques, la création d’incubateurs dans les universités et le renforcement des liens entre établissements de formation et industries.
L’objectif, selon lui, est de bâtir un véritable écosystème régional d’innovation capable d’accompagner la transformation économique de la région.
« L’éducation doit devenir le moteur de notre industrialisation. Si nous voulons transformer notre dividende démographique en puissance économique, nous devons former une jeunesse capable de créer, d’innover et de produire », a-t-il conclu.
