Des millions de femmes togolaises vivent dans l’invisibilité administrative faute d’acte de naissance. Cette absence les exclut du système bancaire, des programmes d’aide sociale et des services publics essentiels. Elles ne peuvent ni voter, ni hériter, ni créer d’entreprise légalement.
Moni Sankaredja, ministre des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance, alerte sur cette réalité. « Offrir l’acte de naissance à une femme, c’est la doter d’une identité juridique qui lui permettra d’avoir accès aux services publics et à tous les avantages liés à l’inclusion sociale et financière », a-t-elle rappelé.
Cette lacune documentaire frappe particulièrement les zones rurales. Les femmes sans existence légale transmettent ce handicap à leurs enfants. Les maternités refusent parfois les accouchements. Les écoles rejettent les inscriptions. Les institutions de microfinance ferment leurs portes.
Le gouvernement déploie des équipes mobiles pour enregistrer gratuitement les populations non déclarées. Les centres de santé maternelle sensibilisent les femmes enceintes. Les chefs traditionnels mobilisent leurs communautés.
L’identité juridique conditionne l’accès à la citoyenneté pleine et entière. Sans acte de naissance, les femmes demeurent spectatrices d’une société dont elles constituent pourtant la moitié. L’enregistrement civil ouvre la voie à l’autonomisation économique et sociale des Togolaises.
